Archives de août 2010

Apple contre le reste du monde

27 août 2010

Pendant plusieurs années, Apple a lancé sa fameuse campagne de pub Get a Mac, où l’acteur Justin Long a représenté un Mac cool face à l’humoriste John Hodgman qui représentait un PC empâté et plein de problèmes du fait de Windows.

Pendant plusieurs années, Microsoft a encaissé sans rien dire. Et puis un jour Steve Ballmer en a eu assez et a décidé de contre-attaquer. Etant donné qu’ils n’ont jamais eu beaucoup de succès dans leurs publicités, Redmond s’est payé les services d’Alex Bogusky et de sa compagnie Corbin+Bogusky. Bogusky est considéré comme un demi-dieu dans le monde du marketing, et son agence de publicité la plus prestigieuse du secteur.

La première vague de pubs a été une série de spots mettant en vedettes Bill Gates et Jerry Seinfeld – et a fait un bide. Il faut dire qu’utiliser deux quinquagénaires ayant passé leur heure de gloire pour donner une image cool au PC n’est pas idéal. La campagne I am a PC a eu plus de succès. Certaines pubs en particulier ont fait mouche, comme les pubs laptop hunter où une cliente potentielle cherche un ordinateur portable pour moins de $1000 (et bien sûr achète un PC en taclant au passage Mac). Mais si l’on se base sur le dicton « l’imitation est la forme la plus sincère de flatterie » et que l’on regarde les parodies sur YouTube, le verdict est sans appel : la campagne de pub d’Apple a bien plus marqué les esprits beaucoup plus que n’importe quelle campagne Microsoft.

C’est dommage que je n’aie que peu de compétences pour faire une animation, car je me verrais bien faire quelques pubs sur le sujet. Des pubs ni pro-PC ni pro-Mac, mais qui montrent les avantages et les inconvénients des solutions Apple. Au consommateur de choisir.

Apple vs. produits non-Apple

Apple a l’habitude de sortir des produits très sexys. Certes, il existe quelques exceptions (l’Apple TV), et les produits Apple ne sont pas exempts de défauts (le problème de l’antenne de l’iPhone 4). Mais dans l’ensemble ils sont très ingénieusement conçus. D’une esthétique impeccable, ils fonctionnent très bien et ont bien été pensés. On sent la patte de Steve Jobs derrière les produits de la firme à la pomme : son sens de l’esthétique, sa volonté d’être facile d’utilisation et son obsession fanatique du détail.

Mais il existe par contre un aspect sur lequel les produits Apple font l’impasse : le choix. Maître Steve décide pour nous ce qui est bon pour nous. Et on ne discute pas les décisions prises par le Maître.

Vous voulez un Mac de bureau à base de processeur Intel Core i7 ? Ca commence à près de 2200 €, alors qu’on trouve des PC avec le même processeur pour deux fois moins cher. Pourquoi un prix si élevé ? Parce que vous êtes obligé d’acheter l’iMac haut de gamme avec écran 27″  pour avoir un tel processeur. Vous ne désirez pas un écran si grand, ou n’aimez pas l’idée d’un ordinateur tout-en-un ? Pas de bol ! De la même manière, Apple vous impose pour ses smartphones un clavier virtuel. Steve Jobs a décidé que vous n’avez pas besoin de clavier physique, vous n’aurez pas de clavier physique, fin de la discussion. Qui plus est, Apple décide les applications que vous pouvez utiliser sur votre iPhone (apparemment on n’est pas assez grand pour choisir)

La PC par contre offre le plus grand choix, que ce soit le choix des applications (la compatibilité Windows), la gamme de prix ainsi que d’autres options (vous pouvez acheter un tout-en un, une tour, ou des portables de toutes tailles). Trop de choix parfois. Il y a en effet plusieurs vendeurs, et il est parfois difficile de s’orienter chez un seul vendeur PC. De même, les PC ne fonctionnent pas aussi impeccablement que le Mac – quand certains vendeurs n’utilisent pas en toute connaissance de cause des composants défectueux. De la même manière, les smartphone Android ne fonctionnent pas toujours aussi bien que l’iPhone (la compatibilité Android est parfois mise à rude épreuve). Mais il existe suffisamment de modèles Android pour vous permettre de choisir votre opérateur télécom, si vous voulez un clavier virtuel ou physique, la taille de l’écran, etc. Et ils vous permettent d’installer n’importe quel logiciel, eux.

Comme le dit le proverbe américain, « freedom isn’t free. » La liberté n’est pas gratuite.

C’est le manque de choix couplé à des prix exorbitants qui ont plombé le Mac au profit du PC (pas de Windows, du PC – Microsoft n’a gagné que parce qu’ils ont surfé sur la vague PC). Le prix n’étant pas un problème pour l’iPhone (qui est au même niveau que la concurrence), si quelque chose plombe le futur d’iOS, ce sera le manque de choix.

Le futur d’iOS

Lors d’un précédent billet, j’avais prédit que le Mac ne ferait plus la une du site Web d’Apple à moins qu’il n’embarque un processeur ARM et fasse tourner iOS (le système d’exploitation de l’iPhone et de l’iPad) en parallèle de MacOS X.

Il est impossible de savoir ce qui se trame dans la tête de Steve Jobs, mais plus j’y repense, plus je pense que si les futurs Mac font un jour tourner iOS, ils n’auront qu’un processeur ARM et ne feront plus tourner que iOS. Plus de processeur Intel, plus de MacOS X.

Suivons l’évolution d’iOS. Ce système d’exploitation a tout d’abord été conçu pour l’iPhone. Trois ans plus tard, fort d’un écosystème dynamique, iOS s’étend sur l’iPad, et la rumeur prétend même qu’il va être utilisé sur l’Apple TV (rebaptisée iTV pour l’occasion). L’écosystème iOS comprend une communauté active de développeurs, des centaines de milliers d’applications, et bien entendu des dizaines de millions d’utilisateurs. A noter que si l’iPad ne menace pas les revenus de Microsoft, il est un concurrent de Windows 7 Starter Edition, la version bridée de Windows vendue sur les Netbooks et les tablettes PC.

Pourquoi s’arrêter là ? Apple a tout intérêt à installer iOS partout où il peut.

Et la compatibilité MacOS dans tout ça ? Pour Apple c’est sans doute un non-problème. C’a serait loin d’être la première fois où le Mac subit une transformation qui brise la compatibilité ascendante : le passage des processeurs Motorola aux processeurs PowerPC, le passage de MacOS 9 à MacOS X, le passage des processeurs PowerPC aux processeurs Intel. A chaque fois, les éditeurs de logiciels Mac ont du porter leur application sur le nouvel environnement.

Le plus gros challenge reste la philosophie d’utilisation. Les ordinateurs (portables ou de bureau) sont conçus pour être utilisés avec un clavier et une souris, alors que les applications iOS sont conçues pour fonctionner avec un écran tactile. Mais Apple a toujours été très fort pour repenser les choses, le challenge n’est donc pas insurmontable. Par exemple, il est possible que l’ordinateur du portable du futur soit composé de deux écrans tactiles, celui du bas étant utilisé pour le clavier virtuel ou autre type de saisie. L’ordinateur de bureau du futur, quant à lui, sera peut-être une table à dessin électronique : l’écran n’est plus positionné à la verticale devant utilisateur mais sous ces mains, à un certain angle.

[Mise à jour : juste avant de finir cet article je viens d’apprendre qu’Apple a déposé le brevet d’un iMac Touch. Il est trop tôt pour savoir si ce design sera utilisé ou non, mais cela va dans le sens de la « table à dessin »]

Steve Jobs a ici une occasion unique de repenser et redéfinir l’ordinateur et d’imposer sa vision des choses : des ordinateurs fermés, véritables boites noires, à l’instar des voitures modernes que les mécaniciens du dimanche ne peuvent plus bidouiller comme ils veulent. Jobs a redéfini le smartphone et la tablette Internet pour le reste de l’industrie (tout le monde imite l’iPhone). Ne me dites pas qu’il n’est pas intéressé pour faire de même avec les ordinateurs.

Si ce scénario se réalise, cela se fera graduellement, au fur et à mesure des années. Cela commencera par les Macs d’entrée de gamme – ceux avec les écrans les plus petits et les performances les plus faibles. Et au fur et à mesure que la technologie s’améliore et le prix des écrans tactiles descend, iOS s’attaquera à des marchés de plus en plus haut de gamme. Quid de marchés comme celui de l’édition, un bastion historique du Mac ? Qui s’en soucie ! Ce bastion reste un marché de niche qui ne fait aucun poids face au marché de masse visé par iOS. Si Adobe décide de porter PhotoShop sur le nouveau système d’exploitation, tant mieux. Dans le cas contraire, tant pis. Apple a eu besoin d’Adobe il y a bien longtemps de ça, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Les nouvelles plateformes de jeux vidéo

20 août 2010

Facebook et l’iPhone sont devenus les deux plateformes de jeux vidéo les plus « hot » du moment. Google vient de racheter Slide, un éditeur de jeux sociaux, et a investit dans Zynga, éditeur des très célèbres – et addictifs – Farmville ou Mafia Wars sur Facebook. De son côté, l’iPhone n’est pas en reste. Plusieurs compagnies de capital risque (venture capitalists) ont créé des fonds pour financer des startups développant sur l’iPhone.

Une des raisons de l’engouement est que l’on retrouve une atmosphère similaire au début des jeux vidéo. Dans les années 70 jusqu’au début des années 80, les jeux étaient souvent entièrement écrits par une seule personne. Le développeur était en effet également responsable des graphismes et de la bande sonore. C’est par exemple le cas de Pitfall! (1982). Les capacités des ordinateurs augmentant, les jeux ont pu avoir des graphismes plus poussés et se sont dotés d’une vraie bande sonore. Les équipes de développement se sont donc spécialisées. C’est ainsi que le développeur britannique Steve Bak a écrit de nombres jeux dans les années 80 et 90 en collaboration avec Pete Lyon (graphisme) et David Whittaker (musique).

Les capacités des ordinateurs continuant à augmenter, les jeux ont augmenté en complexité, demandant de plus en plus de monde. Désormais, la création d’un jeu vidéo sur PC ou console demande une équipe entière et de très gros moyens. En 1996 j’avais passé un entretien d’embauche chez Ubi Soft, et déjà un jeu demandait une équipe de dizaines de personnes. Même à l’époque, plusieurs développeurs ne travaillent pas sur des jeux mêmes mais sur la création d’outils pour aider au développement même des jeux. A l’heure actuelle, les jeux vidéo sur PC ou console demandent en moyenne entre $18 et $28 millions selon une étude du cabinet d’analyse M2 (« seulement » $10 million pour les jeux n’existant que sur une seule plateforme). Les jeux célèbres dépassent aisément les $40 millions. Et tout ça sans compter les coûts de promotion. Un des cas les plus extrêmes est Grand Theft Auto IV qui a mobilisé 1000 personnes pendant 3 ans et demi, pour un budget total de $100 millions. De quoi donner le vertige quand on sait que les coûts ne font qu’augmenter !

Certes, GTA 4 s’est vendu à plus de 17 millions d’exemplaires, et a rapporté plusieurs fois la mise. Mais lorsque l’on regarde le palmarès des ventes des jeux vidéo, on remarque que Pitfall sur Atari 2600 s’est vendu à 4 millions d’exemplaire, ce qui est le volume de vente de la plupart des jeux sur PS3 ou Xbox 360. La différence est que Pitfall est un jeu créé par une seule personne en seulement 1000 heures de programmation, soit seulement 6 mois en travaillant 40 heures par semaine !

C’est là où les nouvelles plateformes telles que Facebook ou l’iPhone ont un avantage : des coûts de développement bien moindre. De nombreuses applications iPhone ont été crées par une ou deux personnes. Zynga a été créé par 6 personnes. Et les compagnies de capital risque qui ont investit dans Zynga ont mit sur la table $29 millions. Pour un jeu traditionnel, une telle somme ne couvrerait qu’un seul jeu.

Autre avantage de ces deux nouvelles plateformes : une promotion et distribution moins onéreuse. Toutes deux permettent en effet d’installer facilement et immédiatement des applications (pas besoin d’aller au magasin le plus proche pour acheter un jeu), et sont conçues pour faire fonctionner le bouche à oreille. De nombreuses applications Facebook sont conçues pour avertir nos connexions des jeux que nous utilisons – voir de leur proposer d’installer l’application à leur tour. L’App Store d’Apple, quant à lui, a un système de notation permettant à des jeux d’être au hit parade des ventes ou des logiciels les plus appréciés – que le jeu ait fait de la promotion ou pas.

Finalement, ces deux plateformes sont devenues très populaires. Apple a vendu quelque chose comme 50 millions d’iPhones et plus d’une trentaine de millions d’iPod Touch. Nintendo, par comparaison, a vendu 74 millions de Wii. Facebook, quant à lui, a dépassé le demi-milliard d’utilisateurs.

Tout cela fait que quelques amateurs peuvent sortir des applications et avoir une chance d’avoir du succès. Le top 10 des applications mobiles contient en effet des titres de petits éditeurs (Doodle Jump de Lima Sky, Angry Birds de clickgamer.com ou Pocket God de Bolt Creative)

Le syndrome du loto

Il existe certains métiers dits « extensibles » (scalable en anglais), mais ils sont rares. Un avocat, aussi brillant soit-il, ne peut pas s’occuper de deux clients en même temps. Le nombre de cas qu’il peut traiter par an est donc limité, imposant du même coût une limite à ses revenus. Son métier n’est donc pas extensible. Un développeur de logiciel, par contre, peut vendre à un nombre virtuellement illimité d’utilisateurs. Sur Facebook ou iOS, l’extensibilité est d’autant plus importante que ces deux plateformes sont globales. Une petite équipe de développement totalement inconnue peut sortir un jeu culte et le vendre partout dans le monde, sans avoir à faire de la promotion dans tous les pays.

L’inconvénient des métiers extensibles est que n’importe qui d’autre peut vendre à tout le monde. La concurrence est donc beaucoup plus rude.

Or la plupart des géants des jeux vidéos actuels ont commencé dans les années 70-80, à une époque où le marché était grandement fragmenté. Electronic Arts (fondé en 1982) a commencé par faire des jeux sur Atari 800 et Commodore 64. Activision (1979) a été créé par des anciens d’Atari pour créer des jeux sur la console Atari 2600. Ubisoft (1986) a publié son tout premier jeu sur Amstrad CPC. Infogrammes (depuis devenu Atari Inc.) a commencé à développer sur la gamme Thomson TO7 / MO5 / TO7-70. Si Nintendo a été créée en 1889 (oui, oui, fin 19e siècle), ce n’est bien évidemment que dans les années 70 / 80 que le géant nippon s’est attaqué aux jeux vidéo, d’abord avec les jeux de poche et jeux d’arcade, puis en produisant des jeux pour sa propre console (1983)

Non seulement il existait énormément de plateformes de jeu à l’époque, mais elles étaient limitées géographiquement. Les consoles Nintendo ont pendant longtemps été cantonnées au Japon. L’Amstrad CPC s’est bien vendu en Europe mais a été absent aux Etats-Unis. Les éditeurs de l’époque ont donc eu une concurrence relativement locale. Les ordinateurs Thomson, par exemple, n’ayant été que très peu vendus en dehors de l’hexagone, la concurrence d’Infogrames sur ce marché s’est donc cantonnée à des éditeurs français (ironiquement, Infogrames a pendant des années boudé les ordinateurs Atari avant de racheter l’éditeur américain en 2003 et de reprendre son nom en 2009). Une concurrence restreinte a permit à plusieurs éditeurs de grandir en parallèle sur des marchés relativement protégés.

Car plus un métier est extensible, plus on se trouve dans le cas où une poignée de stars remportent la mise, laissant des miettes aux reste. C’est par exemple le cas de la musique où quelques superstars engrangent des dizaines de millions alors que la plupart des groupes ont du mal à survivre de leur art. C’est le phénomène du Loto, où tout le monde ne regarde que la poignée de gagnants qui empochent une fortune mais ignorent les millions de gens qui perdent systématiquement malgré avoir joué pendant des années.

Si le monde des jeux vidéo est global depuis des années, l’extensibilité s’est accentuée sur Facebook et iOS. Si désormais une équipe de particuliers peut tenter sa chance sur ces deux plateformes sans avoir à dépenser des budgets astronomiques, elle est en concurrence avec des équipes d’amateurs à faible budget du monde entier, et pas seulement des Etats-Unis et d’Europe.

Pas encore de killer game exclusif

Il est intéressant de noter que ces deux plateformes n’ont pas de killer game exclusif, c’est-à-dire de jeu qui justifient à eux seul l’achat d’un iPhone / iPad, ou de passer à Facebook (et qui ne sont disponibles que sur ces plateformes). Lorsque Sony a lancé sa PlayStation, le géant japonais avait plusieurs jeux tels que Toshinden qui ont convaincu à eux seuls de nombreux joueurs d’acheter la console. De même, Microsoft a eu la brillante idée de mettre la main sur Bungie, l’éditeur de Halo. Ce jeu a été la principale raison du succès de la Xbox.

Facebook ne semble pas être intéressé pour acquérir des éditeurs de jeux, sans doute du fait du succès de son service. Certes, Farmville ou Mafia Wars existent sur des sites concurrents tels que MySpace, mais la popularité de Facebook incite les joueurs de jeux sociaux de jouer sur Facebook et non sur MySpace. Mais Google ayant racheté Slide (et va certainement racheter d’autres compagnies), il ne serait pas surprenant que ce dernier ne développe plus que pour le (futur) service concurrent de Google.

Pour ce qui est d’Apple, si la firme à la pomme a toujours développé des logiciels, elle a tendance à développer uniquement des outils essentiels. Les premiers Mac avaient Mac Write, Mac Paint et Mac Draw (traitement de texte et logiciels de dessin de base), mais c’est Aldus et Adobe qui ont fournit les killer apps du Mac avec PageMaker ou Photoshop. Sur iPad, Apple a porté sa suite bureautique (Pages, Numbers and Keynote), mais c’est quasiment tout. Seules 12 malheureuses applications écrites par Apple sont disponibles sur l’App Store de l’iPhone et de l’iPad réunis. Le seul jeu Apple est un jeu de poker, alors que les jeux représentent une partie non négligeable des applications iOS téléchargées. Mais la firme à la pomme fait peu d’acquisitions, et lorsqu’il s’agit d’acquisitions d’éditeurs de logiciels, le but est bien souvent de s’approprier une technologie et non un logiciel complet. Pour Steve Jobs, avoir une plateforme qui rapporte le plus suffit (les possesseurs d’iPhone achètent plus d’applications que sur les autres plateformes mobiles). Mais cela ne veut pas dire que personne ne regarde Android. Beaucoup de jeux disponibles sur iOS sont également disponibles sur Android. Là encore, Google pourrait jouer les trouble-fêtes car la compagnie n’a jamais été frileuse quant il s’agit d’acquisitions et fait beaucoup d’efforts pour inciter les développeurs iPhone à porter leurs applications sur Android.

Faire appel à nos plus bas instincts

Une dernière note sur les jeux vidéo : un type de jeu qui marche très bien est celui qui fait appels à nos plus bas instincts.

Paradoxalement, le sexe n’est pas si couvert que ça par les jeux vidéos, malgré une influence importante (même si cachée) sur la haute technologie. Le Minitel rose a été le marché le plus rentable du Minitel. Sur Internet, les sites Web pour adultes foisonnent. Et on a attribué la victoire de format VHS sur Betamax lorsque l’industrie du X a supporté VHS. Mais c’est justement parce qu’il existe tant de produits liés au sexe que la demande de jeux vidéo adulte n’est pas si importante. Qui plus est, les jeux trop osés sont facilement censurés aux Etats-Unis, contrairement aux jeux violents.

Pour ce qui est de la violence par contre, le domaine est amplement couvert par les jeux vidéo. Les nombreux jeux de guerre ou de jeux de combat tels que Call of Duty, Mortal Kombat ou Mafia Wars nous permettent de tuer ou castagner sans le moindre danger et dans un contexte social acceptable. A noter Worms qui prend une approche originale au jeu de guerre : utiliser des vers de terre en guise de soldats. L’aspect comique et le manque volontaire de réalisme atténuent le sérieux de la chose. On fait toujours joujou avec des armes (bazookas, fusils, grenades, etc.) et on fait toujours tout péter, mais le style très dessin animé rend le tout nettement moins violent.

Mais au-delà de la violence, il existe quelques jeux qui font vraiment appel à nos plus bas instincts. Le très controversé Grand Theft Auto est peut-être l’exemple le plus criant. Le titre même indique le vol de voiture. Dans la 3e version (celle qui a vraiment fait décoller la série) il est même possible de tuer des officiers de police. On remarque d’ailleurs que l’éditeur de la série,  Take-2, est le seul éditeur de poids du marché qui ait été formé après les années 80 (1993). Ironiquement, la plus grande controverse aux Etats-Unis (où Hillary Clinton elle-même est monté au créneau) n’est pas la violence mais la découverte de certaines scènes cachées où le joueur peut avoir des rapports sexuels.

Un autre jeu est Pocket God, un jeu sur iPhone où l’on tient le rôle d’un dieu vénéré par des pygmées sur une ile au beau milieu de l’océan. Le jeu n’a pas de fin en elle-même, si ce n’est de faire trépasser les pygmées des manières les plus vicieuses possibles (on peut en recréer autant que l’on veut) : les envoyer dans l’eau où ils se noient, les balancer dans un volcan en activité, faire que la foudre leur tombe dessus, et de nombreuses autres manières d’assouvir nos instincts sadiques (chaque nouvelle version apporte des manières supplémentaires de tuer les pauvres pygmées). Ce jeu, dont la première version a été développée en une semaine par deux personnes (entre Noël 2008 et le Jour de l’an 2009), a été au top des ventes d’applications sur iPhone. Un an plus tard, deux millions de copies avaient été téléchargées. A noter qu’à l’instar de Worms, Pocket God utilise un style dessin animé qui atténue l’aspect sérieux du jeu.

Il semble qu’il y ait un filon.

Le complexe du premier téléphone

13 août 2010

Google vient d’annoncer la fin de Google Wave. Lancé en grandes pompes lors de la conférence Google I/O de 2009, le service n’a eu que peu de succès malgré avoir eu pas mal de buzz.

Wave rejoint le cimetière – encombré – des produits techniquement très bons mais qui n’ont pas pris pour d’autres raisons.

Google Wave était en effet excellent d’un point de vue purement technique. L’idée de repenser l’email et la messagerie instantanée en un seul service était très bonne. Mais Wave s’est heurté à la loi de Metacalfe. Cette loi dit que la valeur d’un réseau est proportionnelle au carré à son nombre d’utilisateurs. Le revers de la médaille est qu’un réseau avec peu d’utilisateurs n’a qu’une piètre valeur. Quel est l’intérêt d’avoir un téléphone lorsqu’on est le seul au monde à en posséder un ?

C’est le problème qui a hanté tout concurrent d’eBay ou de Facebook, et beaucoup d’autres services dépendant d’un réseau : il faut arriver à atteindre une masse critique minimum. Facebook a par exemple commencé comme service pour les étudiants d’Harvard. Des services de messagerie en ligne comme Hotmail ou Gmail ont eux eu un succès foudroyant car ils ont fonctionné dés le début avec les services déjà existants. Si les utilisateurs de Gmail n’avaient pu communiquer qu’avec les autres utilisateurs de Gmail, ce service n’aurait été nulle part.

Le problème de Wave est qu’il n’a jamais réussi à atteindre cette masse critique, car il n’a jamais eu de marché de niche où démarrer. J’ai certes eu mon login pour Wave, mais une fois sur le service, je n’ai eu personne que je connaissais avec qui communiquer. Devant le manque d’activité les utilisateurs ne se sont donc pas connecté régulièrement (comme ils le font pour Hotmail, Gmail ou Facebook), ce qui n’a pas encouragé les nouveaux venus.

On se demande pourquoi Google n’a-t-il pas intégré Wave au sein de Gmail à l’instar de Gtalk, Google Buzz ou autres services de la compagnie.

Apple FaceTime

Un autre service grandement dépendant de la loi de Metacalfe est FaceTime, le système de téléphonie vidéo de l’iPhone 4. FaceTime fonctionne en effet très bien… du moment que votre interlocuteur possède lui aussi un iPhone 4. Les iPhones plus anciens ne possédant pas de caméra frontale, ils ne peuvent pas fonctionner avec FaceTime même si Steve Jobs le voulait de toutes ses forces.

FaceTime a cependant un gros avantage sur Google Wave : les clients n’achètent pas un iPhone 4 pour ce service. Cela permet donc de créer une base installée d’utilisateurs potentiels qui va grossir avec le temps. La question est cependant de savoir si les possesseurs d’iPhone 4 (et plus) seront suffisant pour atteindre une masse critique. Car savoir que des millions d’utilisateurs peuvent correspondre avec vous en utilisant FaceTime n’apporte pas grand chose. Ce qui compte est que les personnes que l’on veut appeler puissent utiliser ce service.

Certes, Apple veut faire de FaceTime un standard ouvert. Il a en effet publié les spécifications en encourage la concurrence à se connecter avec FaceTime. Reste à savoir si le reste du monde va suivre.

Et je ne serais pas étonné que Skype arrive à surfer sur la vague FaceTime. Jusqu’alors, tous les smartphones on copié de près ou de loin l’iPhone. On peut donc parier que la concurrence planche à l’heure actuelle sur des caméras frontales, Google en premier. Une inconnue est l’attitude des fournisseurs télécom. FaceTime ne fonctionne que sur réseau Wi-Fi, et c’est sans doute une contrainte d’AT&T (l’opérateur cellulaire exclusif de l’iPhone aux Etats-Unis) plus que d’Apple. Il est possible que les opérateurs fournissant des smartphones Android ne veuillent pas non plus que de la vidéo soit trop utilisée pour peur de surcharger leur réseau. Mais cette inconnue mise à part, reste à savoir quel protocole supporter. Car se rallier derrière FaceTime revient à apporter de l’eau au moulin Apple. Skype, par contre, n’a pas ce problème et possède une base existante non négligeable. Skype existe d’ailleurs déjà en tant qu’application iPhone, et permet de recevoir de la vidéo de son interlocuteur pour peu que ce dernier appelle d’un PC équipé d’une Webcam.

Si demain des smartphones Android commencent à se doter de caméras frontales et si Skype supporte ces dernières sur Android, cela mettrait Apple dans l’embarras. Si la firme à la pomme laisse Skype utiliser la caméra frontale de l’iPhone, FaceTime se trouve face à un concurrent sérieux. Car Skype fournit les mêmes fonctionnalités tout en ayant une plus grande base installée et fonctionnant sur réseau Wi-Fi et 3G (FaceTime ne fonctionne que sur Wi-Fi). Le seul avantage du service d’Apple est une meilleure intégration avec les appels téléphoniques.

Si par contre Apple refuse à Skype l’utilisation de sa caméra frontale (ou avec des restrictions, comme ne fonctionner que sur réseau Wi-Fi), l’iPhone du coup un moins bon service que la concurrence.

Affaire à suivre…

Microsoft se lance contre l’iPad

6 août 2010

Lors d’une conférence avec des analystes financiers la semaine dernière, Steve Ballmer a confirmé que sa compagnie travaillait avec ses partenaires pour que ces derniers sortent une tablette à base de Windows 7 pour concurrencer l’iPad. Ballmer a ajouté que c’est le « travail d’urgence numéro un » de Microsoft (job one urgency). Il a de plus affirmé que l’on verrait des tablette à base de Windows 7 utilisant des processeurs Intel, que l’on en verrait de diverses tailles, et que certaines seront moins cher que l’iPad.

Un parcours semé d’embuches pour Microsoft

Peu d’analystes ont été convaincus par les propos du PDG de Microsoft. Il faut dire que le challenge est de taille.

Tout d’abord, les tablettes PC n’ont rien de nouveau. Microsoft a lancé le concept en 2001 avec Windows XP, et elles n’ont jamais cessé d’être disponibles pendant toutes ces années. Le français Archos a par exemple lancé l’Archos 9 PC Tablet à base de Windows 7 Starter Edition en octobre 2009 (soit avant la sortie de l’iPad). Mais jusqu’à ce jour, les tablettes PC ont toujours été un bide. Ballmer a manqué de préciser ce que Microsoft allait faire de nouveau pour renverser la situation.

Un des arguments de Ballmer est le prix (de fait, beaucoup des tablettes PC par le passé étaient hors de prix). Apple a en effet l’habitude d’avoir de confortables marges, ce qui laisse une marge de manoeuvre pour la concurrence. Sauf qu’Apple a frappé très fort en lançant un iPad à $500. L’Archos 9 PC Tablet est par exemple à $550. J’ai certes trouvé un Netbook Eee PC sur Amazon.com à $300, mais pour ce prix-là il n’a pas d’écran tactile et utilise un disque dur traditionnel et non un SSD comme l’iPad – deux composants onéreux. Qui plus est, les Netbooks ne sont pas réputés pour être des foudres de guerre.

Les tablettes telles que l’iPad en sont au stade où les capacités matérielles sont tout juste bonnes. Apple a donc dû faire des prouesses pour que l’iPad soit confortable d’utilisation. Mais pour cela la firme à la pomme a dû quasiment tout recréer. Elle n’a pas essayé de porter MacOS X sur l’iPad mais utilise un système d’exploitation adapté aux petites machines : le système de l’iPhone iOS. Si ce dernier partage le même noyau que Mac OS X, une très grande partie a été réécrite (en partie toute la couche graphique). Apple a également utilisé des processeurs ARM, réputés pour leur basse consommation en énergie.

Microsoft par contre doit traîner tout l’existant Windows, ce qui a un coût en ressources. Même allégé, Windows 7 Starter Edition doit supporter des décennies de compatibilité Windows NT. Qui plus est, la compatibilité Windows exige l’utilisation de processeurs x86, processeurs qui eux aussi traînent des décennies de compatibilité – et qui n’ont pas été à la base conçus pour être économes en énergie. C’est pourtant un point important pour des appareils portables de petite taille – la batterie de l’iPad représente 80% du volume de ce dernier, et une bonne partie de son poids. Qui plus est, Apple bénéficie d’une intégration verticale poussée, ce qui est un atout sur des marchés encore jeunes. On peut en effet supposer que Cupertino a personnalisé son processeur ARM, iOS et l’électronique de l’iPad pour que le tout fonctionne le plus efficacement possible (et Apple a eu des années pour optimiser le tout). Si Microsoft peut travailler en étroite collaboration avec Intel et des constructeurs PC, ce n’est pas la même chose que de tout construire sous un même toit.

En bref, s’il est techniquement possible de sortir une tablette à base de Windows 7 moins cher qu’un iPad, on peut douter des performances, de la taille de l’écran, du temps d’autonomie ou des trois à la fois !

L’autre challenge est que Microsoft semble tisser des partenariats avec ses partenaires habituels : les constructeurs de PC. Or ces derniers n’ont que peu d’intérêt à vendre des machines bon marché, et auront une tendance à faire évoluer la tablette vers un portable PC – comme ils l’ont fait avec les Netbooks. Microsoft vendant principalement du logiciel à une poignée de constructeurs de PC, ses marges restent importantes même pour une version bradée telle que Windows 7 Starter Edition. Les fabricants, eux, verront leur marge opérationnelle baisser s’ils vendent beaucoup de tablette trop bon marché. On se souvient que les Netbooks ont gagné en puissance avec le temps, mais également en prix. L’Asus Eee PC, initialement annoncé à $200, a vite coûté plus cher. C’est pour cette raison qu’une tablette Android telle que l’Augen Gentouch à $150 (écran 7″, comme les premiers Eee PC, mais tactile) a été crée par une startup et non un constructeurs de PC. Mais en parlant de partenaires, on peut se demander si le scénario du Zune ne risque pas de se produire : Microsoft lance des partenariats puis, frustré face au manque de résultats, décide d’adopter le modèle d’intégration verticale en lançant sa propre machine. Mettant du même coup ses partenaires dans une position délicate.

Finalement, un handicap des plus sérieux est que la plupart des logiciels pour PC ne sont pas conçus pour fonctionner sur une tablette. Beaucoup ont été conçus pour des systèmes ayant plus de ressources (puissance CPU, quantité de mémoire, taille d’écran). Mais surtout, quasiment aucun logiciel pour PC n’a été conçu pour fonctionner avec un écran tactile au lieu d’une souris. L’iPad, lui, n’a pas ce problème, car tous les logiciels de l’écosystème iOS ont été conçus pour un écran tactile de taille restreinte. Apple a par exemple complètement réécrit et repensé iWork (sa suite bureautique) pour fonctionner avec un écran tactile. A moins que Microsoft fasse de même avec MS-Office, on peut se demander si ce dernier sera fonctionnel sur une tablette. Que vont donner des logiciels centrés autour du click de droite de la souris ou qui demandent que la souris soit positionnée très précisément ? Que vont donner les jeux PC, conçus pour fonctionner avec un joystick ou un clavier ?

Lorsque Microsoft a commencé à développer des logiciels pour le Macintosh en 1984, les premières versions de ses produits ont été peu convaincantes car elles se comportaient comme des applications en mode texte dans un environnement graphique. Il a fallu à Redmond un certain temps pour que leurs logiciels sous Mac adoptent l’interface de ce dernier. Cela dit, cette formation leur a été bénéfique lorsqu’ils ont porté Word et Excel sous Windows quelques années plus tard, contrairement à Lotus et WordPerfect qui n’étaient pas encore habitués à cette nouvelle philosophie. Le passage à un écran tactile représente un nouveau changement de philosophie d’interface. Il sera intéressant de voir la vitesse à laquelle Microsoft sait s’adapter.

En d’autres termes, Apple a recréé un système complet pour s’attaquer au marché de l’informatique mobile, alors que Microsoft a décidé d’adapter son environnement PC.

La philosophie de Microsoft

Lors de la sortie de l’iPad, Bill Gates avait dit qu’il n’y avait rien dans cette tablette qui lui faisait dire qu’il aurait aimé que ce soit un produit Microsoft. Rien d’étonnant de la part de quelqu’un qui a pendant longtemps raillé l’iPod et les baladeurs MP3 – avant que Microsoft se décide à sortir un concurrent. De même, Ballmer n’a eu de cesse de critiquer l’iPad – et l’iPhone avant ça.

Une de ces raisons est purement professionnelle : toujours dénigrer les produits de la concurrence et ne rien leur concéder, quitte à être de mauvaise foi. La seule exception est les ventes, un chiffre difficile à nier. Mais jamais Gates ni Ballmer ne reconnaîtront qu’Apple sort de bons produits. Soit ils sont trop chers, soit ils ne font pas assez, etc.

Mais l’autre raison est que Bill Gates comme Steve Ballmer voient l’iPad de leur point de vue, c’est-à-dire en tant que fournisseur d’une solution généraliste. Windows et le PC sont en effet des solutions « universelles » qui répondent au plus grand nombre de besoins possibles (bureautique, accès Internet, jeux vidéo, etc.). Pour Microsoft, plus un produit couvre de besoins, mieux c’est – même si le produit en devient médiocre. A la conférence D: All Things Digital de juin dernier, Ballmer défendait le PC généraliste : « …il y aura un appareil généraliste qui fait tout ce que vous voulez, parce que je ne pense pas que le monde entier puisse se payer cinq appareils par personne » (« …there will exist a general-purpose device that does everything you want because I don’t think the whole world is going to be able to afford five devices per person« )

De la même manière, le choix de Windows 7 plutôt que Windows Phone 7 pour ses tablettes PC est sans doute une évidence pour Redmond. Peut-être que la raison est de gagner du temps : Microsoft doit réagir rapidement, et Windows 7 Starter est déjà disponible, alors que Windows Phone 7 n’est pas encore sorti. Peut-être Redmond pense que la compatibilité Windows sera un atout décisif. Mais je soupçonne également Microsoft de tout voir comme un PC et de vouloir imposer Windows 7 sur tous les types d’appareils qu’il peut. Quand on a un marteau en main, tout ressemble à un clou.

Microsoft a commit la même erreur pendant des années avec les smartphones : il les a considérés comme des PC miniatures. Redmond a finalement tiré les leçons de son échec sur le marché des smartphones et rectifié le tir avec Windows Phone 7. Mais il n’est pas encore dit qu’il ait tiré les leçons pour le marché des tablettes. Pour Steve Ballmer, une tablette ne semble avoir d’intérêt que si elle peut faire autant qu’un PC.

Timing incertain

Ballmer a cependant été très vague sur l’arrivée de telles tablettes, tout en parlant de « bientôt ». Stratégie peu habituelle de la part de Microsoft qui a tendance à annoncer des produits bien à l’avance, quitte à repousser la date. Windows Phone 7 a par exemple été annoncé pour la fin de l’année. Mais Ballmer a également ajouté que les tablettes bénéficieraient de la dernière famille de processeurs Atom d’Intel (nom de code : Oak Trail), processeurs à basse consommation. Sauf que ces derniers ne seront disponible que début 2011. De leur côté, plusieurs tablettes à base d’Android ont été annoncées (par Dell, Lenovo, Acer, Asus et bien d’autres), mais force est de constater que pour le moment on nage dans le vaporware.

Il y aura peut-être de nouvelles tablettes Windows 7 disponible cette années, mais c’est à se demander si elles ne seront pas sorties à l’à-va vite – juste pour montrer que Microsoft est toujours dans la course.

Steve Ballmer doit transformer les promesses en actes

A l’heure actuelle, Android reste l’adversaire le plus dangereux d’Apple – bien plus que Microsoft. Les obstacles que doit surmonter ce dernier ne sont pas insurmontables mais sont importants. Le temps où tout le monde buvaient les annonces de Microsoft sans se poser de question est terminé. Ballmer doit désormais prouver que ses promesses ne sont pas que des paroles en l’air pour convaincre.

Cela dit, le PDG de Microsoft a raison sur un point : la tendance est souvent à un produit multifonctions au lieu de plusieurs appareils spécialisés. Mais il existe des cas où le modèle de plusieurs produits spécialisés s’impose. Par exemple, les consoles de jeu existent en parallèle du marché du PC, bien que les deux mondes aient beaucoup de jeux en commun. Et pour ce qui est du prix, un moyen que les consommateurs auront pour pouvoir s’acheter une tablette en plus d’un PC est d’éloigner les dépenses liées à ce dernier. J’ai gardé mon dernier PC pendant plus de 8 ans, et j’espère garder mon PC actuel pendant au moins autant de temps.