Archive pour septembre 2011

Stratégie mobile de Microsoft

30 septembre 2011

« Leur tablette était basée sur un PC. Avec le prix d’un PC. La durée de charge d’un PC. Le poids d’un PC. Elle utilisait un système d’exploitation PC qui nécessitait une précision au pixel près (…) Vous devez vous rendre à l’évidence et vous dire qu’il faut tout recréer en partant de zéro parce que les applications PC ne fonctionneront pas sans être réécrites de toute façon. »
(Steve Jobs sur les tablettes Microsoft, 2010, D8 – All Things Digital)

J’ai été fort critique de la stratégie de Microsoft en matière d’informatique mobile. Pas que Redmond n’ait aucune bonne idée. La compagnie a par exemple tenté d’innover avec Windows Phone 7 au lieu de copier purement et simplement l’iPhone contrairement au reste du monde (ils ont fait de même avec Xbox Kinect, au lieu de copier purement et simplement la Wii). Mais leur obsession à vouloir voir les smartphones puis les tablettes comme un mini-PC ne les aide pas.

Mais je ne vais pas me contenter de simplement critiquer Microsoft, et décrire quelle serait la stratégie que je recommanderais.

Arrêter de voir les tablettes comme des ordinateurs : si une tablette est techniquement très proche d’un PC ou d’un Mac, l’un des gros attraits des tablettes est qu’elles ne se comportent pas comme un PC mais comme un appareil électroménager (appliance en anglais). Or un système comme Windows 8 -ou toute précédente version de Windows- ne se comporte pas comme tel. Antivirus, hotfix, défragmentation de disque, problèmes de configuration divers, ne serait-ce qu’un système de fichiers visible. Qui plus est, les tablettes ne sont pas idéales pour la bureautique. Même dans le cas de l’iPad où la suite bureautique a été complètement repensée et réécrite, éditer un document reste assez pénible. Un écran 10″ reste petit et les tablettes ne sont pas faites pour la frappe au kilomètre.

Reconnaître que l’écosystème Windows n’est pas le mieux adapté à l’informatique mobile. Les tablettes représentent de nouveaux usages, et parfois de nouveaux utilisateurs – quelque chose à laquelle l’écosystème Windows n’est pas forcément adapté. Dans les années 90, Microsoft a pourtant réussi à migrer l’écosystème bâti autour de Windows 3.1 vers le serveur. Mais il est plus facile de faire évoluer un écosystème vers un marché plus haut de gamme (comme les serveurs) que vers un marché moins haut de gamme (comme les tablettes). C’est par exemple pour cette raison que le partenaire le plus fidèle de Microsoft en informatique mobile est Nokia et non Dell. Dell est plus intéressé pour vendre des serveurs PC que des smartphones. Pour Nokia par contre, vendre des smartphones est l’évolution logique des ventes de téléphones portables ordinaires. Le challenge est ici d’essayer de s’étendre au-delà de l’écosystème fidèle à Microsoft, qu’il s’agisse de partenaires, constructeurs ou développeurs.

L’implication de cette philosophie est d’utiliser Windows Phone 7 plutôt que Windows 8 sur les tablettes. Ce choix n’est certes pas une évidence, et je suis certain que Microsoft a considéré cette option avant de vouloir adapter Windows 8 sur les tablettes. Après tout, WP7 est tout sauf un succès. Mais je persiste à penser qu’il est plus adapté aux tablettes que Windows 8 qui est trop gourmand en ressources. Qui plus est, si Redmond n’arrive pas à faire décoller les ventes de WP7, cela n’est pas de bonne augure pour Windows 8 qui reprend la même interface. Quant à la compatibilité Windows, je ne suis pas certain qu’elle compte tellement pour les tablettes. Finalement, sortir une tablette sous Windows 8 au même prix qu’un iPad ne sera pas un mince challenge. Par contre, se baser sur WP7 implique bien évidemment que ce système doit à tout prix mieux réussir.

Et la première que je conseillerais à Microsoft à ce sujet est de renommer Windows Phone 7 en un seul mot. Quand il s’agit d’un ordinateur, les utilisateurs plébiscitent Windows. Sur let Netbooks, les utilisateurs ont très vite plébiscité Windows alors que les versions Linux offrait un disque SSD pour le même prix. Mais les smartphones et les tablettes ne sont pas des PC, et la marque Windows n’y a plus grande valeur. Windows Phone a d’ailleurs fait un bide malgré le nom. A contrario, Microsoft a eu la bonne idée de nommer sa console de jeu Xbox au lieu de « Windows Box » ou « Windows Game Box ». Et lorsque Redmond a renommé « Windows Live Search » en « Bing », le service ne s’en n’est pas porté plus mal pour autant. Microsoft pourrait d’ailleurs renommer WP7 en Bing – même si les deux produits sont différents, ils représentent tous deux le « portail » vers respectivement le Web et un smartphone – et c’est un nom qui commence à être reconnu par le public.

Reconnaître que l’informatique mobile est principalement orientée grand public : cela ne veut pas forcément dire qu’il faille ignorer le marché professionnel, mais qu’il est important d’établir des priorités. Avoir une intégration avec MS Exchange est utile en entreprise, mais ce n’est que viser un marché restreint. Les particuliers se fichent au contraire d’une telle intégration et sont plus influencés par l’aspect visuel.

Donner du poids aux designers : quoi qu’en disent beaucoup, l’interface WP7 / Windows 8 aurait besoin d’un lifting. Le système de tuiles n’a pas l’air mal, mais l’ensemble est loin d’être aussi sexy qu’un iPhone ou un iPad. Microsoft pourrait cependant améliorer les choses : rajouter des dégradés aux tuiles, arrondir les coins. En d’autres termes, donner un aspect plus réel aux tuiles au lieu d’un carré uniforme moche. Mais embaucher des designers ne suffira pas, il faut qu’ils aient du poids dans les décisions. La seule manière que je vois est que certains designers aient droit de véto sur le produit final, sans possibilité d’arbitrage. Faute de quoi l’arbitrage a toutes les chances d’opter du côté du développement.

Cibler les faiblesses d’Apple : l’attaque frontale contre l’iPad est un exercice périlleux, comme peut en témoigner la concurrence Android – ou HP. Il existe cependant plusieurs marchés où Apple n’est pas en position de force. Autant de marchés que Microsoft peut cibler, quitte à faire des alliances avec de multiples partenaires. Sur le domaine de l’informatique professionnelle, permettre aux entreprises d’installer un serveur d’application sur l’intranet afin de développer des applications propriétaires. Et surtout, cibler les non-utilisateurs quitte à développer des applications verticales. Sur le domaine du grand public, un marché de choix est celui des enfants, où l’on peut imaginer une tablette conçue pour eux : accès Web filtré, App Store dédié, etc. Si l’iPad est une tablette extraordinaire pour les enfants, elle reste coûteuse et fragile dans les mains de ces derniers. C’est là où un partenaire de choix n’est peut-être pas Nokia mais une compagnie de jouets électroniques telle que VTech (là encore, regarder au-delà de son écosystème). Ce sont des compagnies expertes dans l’art de créer des produits destinés aux enfants, résistants aux chocs et à prix concurrentiels. Et je suis certain qu’elles seraient intéressées pour vendre des jouets plus haut de gamme.

Courtiser les développeurs : c’est un domaine où Microsoft est à l’aise. La compagnie a mis au point une API simple basée sur HTML 5. Elle a courtisé les développeurs WebOS avec un certain succès. Lors de sa conférence Build présentant Windows 8, la compagnie a donné gratuitement plus de 5000 prototypes de tablettes sous Windows 8. Redmond a les moyens de payer beaucoup pour attirer les développeurs (après tout, son moteur de recherche Bing lui coûte $1 milliard par trimestre). Mais le gros point d’interrogation est plus le type de développeurs que Microsoft a courtisé. Une fois de plus, Microsoft essaie de s’appuyer sur l’écosystème Windows pour s’attaquer au marché des tablettes. Mais cet écosystème est-il adapté à un tel marché ? Si des éditeurs de logiciel sous Windows adaptent leurs applications Windows pour fonctionner sur une tablette, vont-ils avoir du succès ou pas ? Vont-ils pratiquer la politique de prix PC ou s’adapter aux prix généralement constatés sur iPad qui sont moins cher ? Outre la question d’adapter l’interface traditionnelle Windows à un écran tactile, il y a la question du marché. Les applications les plus utilisées sur l’iPad ne sont pas forcément les applications les plus utilisées sur un PC ou un Mac. Et pour cause : une tablette n’est pas un PC, et a donc une utilisation différente. Par exemple, adapter Photoshop sur une tablette n’a pas forcément beaucoup de sens. Les utilisateurs de Photoshop ont besoins de gros écrans, d’une grande précision et désirent une tablette qui reconnait le degré de pression. Inversement, l’iPad voit se développer tout un tas d’applications d’aide à la navigation pour les pilotes d’avion, mais de telles applications n’auraient que peu d’intérêt sur un PC.

Si vous connaissez quelqu’un qui travaille chez Microsoft (et qui comprend le français) vous pouvez lui donner l’URL de cet article. Mais je doute que Microsoft partage mon avis (mis à part peut-être quelques idées telles qu’un partenariat avec VTech). L’écosystème Windows est tellement ancré au sein de Microsoft qu’il est sans doute devenu un dogme – après tout, c’est cet écosystème qui a fait le succès de la compagnie. Lorsqu’ils parlent de tablette, Bill Gates comme Steve Ballmer ont constamment utilisé comme exemples d’utilisations professionnelles déjà couvertes par des portables Windows (taper des notes lors d’une réunion, etc.). Aucun ne parle d’exemples de particuliers et encore moins de non-utilisateurs. Ce qui est d’autant plus dommage que les non-utilisateurs sont la meilleure source de croissance à long terme, Microsoft dominant le marché du poste client en entreprise.

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L’obsession de certaines compagnies

23 septembre 2011

Certaines compagnies ont des obsessions dont elles ont du mal à se défaire. Cela peut être parfois un atout, mais parfois un handicap. C’est ainsi que, dans le domaine de l’informatique mobile, Apple et Microsoft ont tous deux leurs obsessions parfois malsaines… mais ne montrent aucun signe de vouloir changer.

Apple et l’obsession du contrôle

Steve Jobs -et par extension Apple- est de notoriété publique un maniaque du contrôle.

Et sur l’écosystème iOS la firme à la pomme ne s’est pas privée de contrôler tout ce qu’elle pouvait. Outre le fait d’avoir le contrôle complet du matériel et du système d’exploitation, les applications iOS doivent être approuvées par Apple. Depuis peu, toute application doit en plus passer par le système Apple pour tout paiement en ligne – qui se prend au passage 30% des revenus.

C’est pour cette raison qu’Amazon.com a retiré son application Kindle de l’App Store iOS pour être remplacée par une version Web en HTML 5. La nouvelle n’a surpris personne. Amazon n’a certainement pas envie de donner 30% des recettes, ses marges étant déjà minces. Quant à Apple, on peut douter que la compagnie ait pleurée le départ d’un concurrent.

Plus embarrassant par contre, le Financial Times vient de quitter l’App Store lui aussi. Les raisons invoquées sont non seulement les 30% qu’Apple se fait sur les ventes, mais le fait que la firme de Cupertino garde jalousement le contrôle des abonnés. Le Wall Street Journal menace lui aussi de retirer son application pour les mêmes raisons.

Refuser de donner accès aux abonnés semble exagéré. Mais faut-il s’en étonner pour autant ? Après tout, la compagnie a poussé le bouchon, et l’a poussé plus loin, et encore plus loin… sans répercution majeure. On aurait pu croire que décider des applications qui peuvent être installées ou non sur l’iPhone ou l’iPad aurait déclenché un tollé, mais il n’en n’a rien été. Les développeurs continuent de plébisciter iOS qui garde le haut du pavé en matière d’applications. La firme de Steve Jobs Tim Cook ne comprendra qu’elle est allée trop loin lorsqu’elle aura reçu un violent retour de manivelle.

Il y a certes eu quelques signes, mais pas suffisants. Par exemple, le réseau publicitaire d’Apple, iAd, n’a pas connu grand succès. Il faut dire qu’exiger que ce soit les équipes d’Apple qui créent les publicités et que tout contrat sur iAd soit d’au moins $1 million en a refroidit plus d’un. Apple a par la suite relaxé les conditions, ne demandant « que » un minimum de $500.000 pour un contrat, mais cela n’a pas fait décoller les ventes pour autant. Mais iAd n’est qu’accessoire. Son but est de fournir un revenu supplémentaire aux développeurs iOS. Or les utilisateurs d’iPhone / iPad dépensent plus d’argent que les utilisateurs d’Android, BlackBerry ou Windows Phone.

Le concept même du Web doit être insupportable pour Steve – le fait que n’importe qui puisse créer son site Web sans autorisation, même s’il est hideux et mal fait (Steve est extrêmement attaché à aux aspects visuel et facilité d’utilisation). C’est pourquoi il a mis en avant le concept d’applications sur iOS pour remplacer le plus de sites Web possibles. De même, il doit dénigrer le modèle de Google où n’importe qui peut acheter une publicité au format texte (beurk !) via un mécanisme de self-service (quelle horreur !). D’où l’idée d’iAd qui est sensé ne promouvoir que des publicités au contenu riche, interactif et visuellement plaisant. Et sur iOS, les applications comme les publicités doivent être approuvées par Apple.

Est-ce que cette attitude va changer avec le départ de Jobs ? Je n’en suis pas si sûr. Une telle manie du contrôle risque-t-elle de se retourner contre Apple ? Il y a un clair risque de poursuite pour abus de position dominante. On peut comprendre que Steve ait voulu un certain standard de qualité des applications iOS. Mais vouloir éliminer tout moyen de paiement en ligne concurrent est beaucoup moins défendable.

Microsoft et l’obsession Windows

Microsoft, de son côté, continue tête baissée à vouloir imposer Windows sur des tablettes envers et contre tout – quelque chose qu’il tente sans succès depuis 10 ans. Redmond a en effet dévoilé une version beta de Windows 8 (prévue pour fin 2012), une version plus adaptée aux tablettes. Autant Apple n’a repris que quelques éléments d’iOS pour la dernière mouture de MacOS X (nom de code : Lion), autant Microsoft a complètement repris l’interface de Windows Phone 7. La différence est bien évidemment que Cupertino ne cherche pas à faire tourner MacOS X sur tablette, ayant iOS pour cela.

J’ai de nombreuses fois écrit sur le sujet, et je ne suis toujours pas convaincu par la stratégie mobile de Microsoft. Certes, WP7 a fait un bide, et il ne serait donc pas facile de capitaliser sur cette version pour attaquer le marché des tablettes. Mais adapter Windows (Intel) aux tablettes n’est pas idéal non plus (surtout que Windows 8 reprend l’interface de WP7). Ironiquement, en voulant à tout prix préserver la compatibilité logicielle (quelque chose que Microsoft s’est efforcé de faire depuis 1981), la compagnie crée pas moins de trois systèmes d’exploitations pour mobile, tous trois incompatibles :

  • Windows 8 pour processeur Intel : cette version bénéficiera de l’énorme logithèque Windows, mais aucune de ces applications n’est à l’heure actuelle adaptée pour un écran tactile. Et les développeurs devront faire le grand écart s’ils veulent créer des applications prévues à la fois pour la souris et pour un écran tactile. Par exemple, beaucoup des jeux sur mobiles prennent partie de l’écran tactile comme des accéléromètres.
  • Windows 8 pour processeur ARM : utilisant des processeurs basse consommation, cette version démarrera par contre à zéro pour ce qui est des applications. Microsoft compte peut-être accélérer le processus en exigeant qu’une application soit disponible pour Windows Intel et ARM pour être acceptée sur l’App Store de Windows 8. L’autre risque est que les consommateurs délaissent Windows 8 ARM pour Windows 8 Intel. Car lorsque les consommateurs vont voir deux tablettes Windows 8, ils ont toutes les chances de choisir celle qui est compatible avec l’écosystème x86 – ils ont fait de même lorsque les netbooks étaient disponibles sous Linux et Windows.
  • Windows Phone 7 : si cette version commence à avoir des applications spécifiques à l’environnement mobile, le problème est qu’elle est cantonnée au smartphones, contrairement à iOS et Android où les développeurs peuvent relativement facilement adapter leurs applications aux tablettes.

L’autre question concerne le prix des tablettes Windows 8 du fait des ressources systèmes demandées. L’iPad 2 est livré avec 512 Mo de mémoire et de 16 à 64 Go de stockage en mémoire flash. Or Windows 8 (en version 32-bit) nécessite un minimum d’1 Go de mémoire et de 16 Go d’espace disque. Les prototypes de tablettes Windows 8 données aux développeurs qui ont assisté à la conférence Build contiennent un processeur Intel Core i5, un écran 11,6″, 4 Go de RAM et un disque SSD de 64 Go. Les tablettes Android ont déjà du mal à être moins chères que l’iPad 2 à caractéristiques égales, une tablette Windows 8 aura un handicap supplémentaire – avec une autonomie plus faible dans le cas de Windows 8 Intel. Il reste également à voir si une tablette sous Windows 8 fonctionnera comme un appareil ménager (comme c’est le cas de l’iPad) ou comme un ordinateur, c’est-à-dire avec des défragmentations de disque, des hotfix, des mises à jour de pilotes, etc.

Dans un futur article je détaillerais la stratégie mobile que je suivrais si j’étais Microsoft.

Les « secrets » des produits à succès

16 septembre 2011

Un article de Fast Company intitulé Les Six Secrets de la Création de la Demande (et résumé promotionnel du livre du même auteur) détaille comment créer un produit qui génère de la demande.

En règle générale, dés que le titre d’un article mentionne « secret » il faut se méfier (« Les 6 secrets pour maigrir », « Les 12 secrets pour être un as au lit », etc.) Cet article ne fait pas exception à la règle. D’autant plus qu’aucun des soi-disant secrets énoncés ne sont des secrets.

« Rendez [votre produit] magnétique » affirme l’article qui recommande qu’un produit ait un « rapport émotionnel » avec le consommateur. C’est le genre de banalité qui est facile à lancer mais beaucoup plus difficile à mettre en oeuvre. Il existe certes des produits qui jouent sur la corde émotionnelle, mais un antivirus (sentiment de sécurité) n’est pas un produit magnétique pour autant. Mise à part les compagnies qui se positionnent uniquement sur le prix (et encore) tout le monde aimerait bien créer un produit « magnétique » – mais très peu réussissent, Apple étant une exception notable.

D’autres exemples donnés sont des pratiques utilisées certes par les des compagnies qui ont eu du succès, mais qui sont aussi utilisées par des compagnies qui se sont plantées.  Comme par exemple « Remédiez à nos problèmes quotidiens » ou « Bâtir sur l’histoire cachée ». Quasiment tous les produits sont crées dans cette optique. Encore une fois, le véritable secret est dans la mise en oeuvre. Par exemple, Google a créé un moteur de recherche qui a dépassé de loin ce qui existait déjà. Mais inventer un tel moteur n’a pas été donné à tout le monde. De ma même manière, il est beaucoup plus facile de voir après coup si une histoire cachée était bonne ou pas. Par exemple, la vente et livraison de courses à domicile peut sembler avoir des lacunes après coup. A l’époque, c’était bien moins évident. Et des produits comme l’iPad, les jeux vidéo tels que Farmville, Mafia Wars ou Angry Birds ou les sonneries de portable sont des produits à succès bien qu’ils ne remédient pas à nos problèmes – on pourrait s’en passer – ni ne battissent sur une histoire cachée.

Un autre conseil donné (« De-moyenner le consommateur ») est de ne pas créer un produit unique qui vise tout le monde. L’exemple de l’iPhone est certes un bon exemple. Apple n’a créé qu’un modèle d’iPhone, contrairement à l’iPod qui est décliné en plusieurs modèles radicalement différents, du Nano ($50) au Touch ($350). L’iPod domine le marché alors que l’iPhone est sérieusement concurrencé par les smartphones Android. Mais là encore ce « secret » n’est pas une méthode infaillible. C’est en effet vite oublier que l’iPod a démarré en tant que produit unique pendant des années. Et toutes les variantes de Windows (un produit à succès) ne sont pas radicalement différentes les unes des autres. Mis à part la Starter Edition (disponible uniquement sur Netbook) les versions ne se distinguent que par quelques fonctionnalités différentes. De même, certaines marques ne visent que certains segments de marché (le bas de gamme, le haut de gamme)

Quelques bons points cependant

L’article contient cependant quelques bons points qui méritent d’être soulignés. Comme le fait qu’il ne faille pas sous-estimer l’inertie des consommateurs. Les produits anti-Windows (en particulier les diverses versions de Linux) ont toujours ignoré ce facteur. De même, créer non pas un produit mais une gamme de produits afin de viser les divers segments de marché n’est pas une mauvaise idée – même si ce n’est pas un « secret » qui s’applique tout le temps comme nous l’avons vu.

En réalité…

Je doute qu’il n’existe une formule magique pour créer des produits qui génèrent de la demande. Une grosse partie du travail est en effet une histoire de mise en oeuvre. Tout le monde veut faire des produits sexy. Mais seul un petit pourcentage de compagnies y arrive. Nombreux sont ceux qui veulent copier Apple, mais n’est pas Steve Jobs qui veut…

Un facteur important par contre est que les décisions stratégiques prises par le PDG doivent être suivies et que ce suivi doit lui aussi venir d’en haut. Steve Jobs est réputé pour attacher énormément d’importance au design. Mais ses désirs sont suivis des faits. Apple est peut-être la seule compagnie high tech où un designer (Jonathan Ive) reporte directement au PDG. Et partout au sein de l’organisation les designers ont du poids. Amazon.com, quant à lui, s’est toujours targué d’avoir un excellent support client, mais la compagnie s’en est donnée les moyens. Cela veut dire perdre de l’argent sur des ventes si besoin est, comme considérer que le client est toujours de bonne foi, même si certains abusent le système.

Pixar ou l’histoire d’une persévérence hors du commun

9 septembre 2011

Cette semaine je consacre un article à Pixar, car son histoire est fort intéressante et donne l’exemple de ce qu’est un vrai visionnaire.

Non, je ne parle pas de Steve Jobs. Si Jobs est l’une des rares personne que je qualifie de visionnaire, il n’a eu aucune vision dans le cas de Pixar. Au contraire, il a failli torpiller la compagnie quand il a par exemple menacé de licencier John Lasseter, l’esprit créatif de la compagnie. La contribution de Jobs a été principalement monétaire. Il a acheté la bonne compagnie pour les mauvaises raisons – encore qu’il est possible qu’il ait été influencé dans son choix par ses dirigeants (il a toujours été doué pour reconnaître les gens talentueux)

Pixar est avant tout le fruit d’une vision d’Ed Catmull, rejoint plus tard par Alvy Ray Smith : créer un long métrage entièrement en images de synthèse. Cette vision n’aurait rien d’extraordinaire si ce n’est qu’elle date de 1970. Une époque où l’imagerie informatique n’en n’était qu’à ses balbutiements et où une application industrielle était impensable. Catmull et Smith savaient qu’il faudrait des décennies pour que cette vision devienne réalité, mais cela ne les a pas découragés. Et il en a fallu du courage pour attendre 25 ans tout en restant inflexibles face à deux monstres sacrés : George Lucas et Steve Jobs. Car ces derniers avaient une vision toute autre de l’informatique.

L’ère Graphic Group sous George Lucas

Pixar a légalement commencé son histoire en 1979 comme division de LucasFilm, sous le nom de Graphic Group. George Lucas n’était cependant pas intéressé par un film en image de synthèse, et voyait deux usages pour Graphic Group. Le premier était les effets spéciaux de Star Wars, et en particulier les sabres laser. Pour le premier film de la série (1977), les sabres laser étaient en effet peint à la main sur le celluloïd, un processus extrêmement fastidieux si l’on veut avoir une animation fluide. L’autre utilisation que Lucas voyait était… la comptabilité ! La compta du premier Star Wars était en effet faite entièrement à la main !

Difficile donc de convaincre son patron d’une vision au long terme lorsqu’il avait une vision très pratique de l’informatique : faciliter la production du prochain Star Wars. D’autant plus qu’à l’époque George Lucas était un véritable monstre sacré. Cela n’a pas empêché Catmull et Smith de persister en « sous-marin ». Ils ont créé au sein de leur groupe une équipe complète qui travaillait sur des animations complètes dans le plus grand secret.

C’est à cette époque qu’ils ont embauché John Lassetter, ancien animateur de Disney. Ce dernier avait en effet essayé de pousser l’usage de nouvelles technologies au sein de Disney, sans grand succès. Tron, l’essai en la matière, n’avait eu qu’un succès mitigé, et la culture de l’animation traditionnelle était fortement ancrée au sein du studio. Lassetter a commis l’erreur de passer au-dessus son patron. Non seulement son plan a échoué, mais il s’est retrouvé à la rue. Catmull et Smith ont embauché Lassetter immédiatement, reconnaissant un talent créatif et le désir d’utiliser la technologie pour améliorer l’animation. Ils lui ont inventé un titre bidon afin de pouvoir l’embaucher sans trop éveiller de soupçons.

L’ère Pixar sous Steve Jobs

Lorsque George Lucas entamé sa coûteuse procédure de divorce (il s’était marié avant d’être célèbre), il a eu besoin de liquidités et a fini par vendre Graphic Group à Steve Jobs en 1986 pour $10 millions. Graphic Group est devenu Pixar. Mais même Steve Jobs, tout visionnaire soit-il, n’a pas partagé la vision de Catmull et Smith. Si Jobs est quelqu’un d’extrêmement visuel, il a toujours voulu vendre un ensemble complet machine+logiciel, qu’il s’agisse du premier Mac ou de l’iPad.

Steve n’a donc pas été séduit par l’idée de films en image de synthèse, mais par les prouesses graphiques des machines customisées de Pixar. C’est pour cette raison que la compagnie a été tout d’abord un fabriquant d’ordinateur tentant de vendre des (coûteuses) machines pour des applications demandant des grosses utilisations graphiques, comme certaines applications médicales. Mais les ventes n’ont jamais décollé, commençant une longue traversée du désert pour Pixar. Car la compagnie perdait beaucoup d’argent, et Catmull et Smith ont du constamment convaincre Jobs de mettre la main au portefeuille. Non seulement Steve n’est pas quelqu’un de facile à convaincre lorsqu’il a une idée en tête, mais son autre compagnie, NeXT, ne se portait guère mieux. Jobs a donc imposé des dégraissages. Il a même à plusieurs fois menacé de licencier John Lassetter.

Mais Catmull et Smith ont réussi à petit à petit orienté la compagnie vers leur but. Les ventes d’ordinateurs n’ayant jamais marché, Pixar s’est réorienté en vendant son logiciel de génération d’animation 3D Renderman. Le résultat n’étant toujours pas suffisant, la compagnie a fait plusieurs « petits boulots » en produisant des animations pour des spots publicitaires. Pendant toute cette période, Catmull et Smith ont dû gérer Steve Jobs. Heureusement pour eux, il était suffisamment occupé avec NeXT pour micromanager Pixar. Catmull et Smith lui ont ainsi rendu visite dans les bureaux de NeXT bien plus souvent que Jobs ne leur rendait visite. Ils ont du le convaincre de l’utilité de produire des animations telles que le fameux Luxo Jr. Et finalement de travailler sur un long métrage entièrement en images de synthèse. Heureusement, ce film, sous la direction de John Lassetter, a eu un franc succès. Si Toy Story avait été un bide, Pixar aurait sans doute mis la clé sous la porte.

Conclusion

L’histoire de Pixar est l’un des plus grands exemples de persévérance que je connais.

Catmull et Smith ont en effet fait preuve d’une patience et d’une persistance hors du commun. D’un côté ils ont persisté dans leur vision envers et contre tout, surtout quand deux monstres sacrés (George Lucas et Steve Jobs, excusez du peu) n’ont pas partagé leur vision. Mais d’un autre côté ils ont su être réalistes. Ils ont reconnu qu’il faudrait des décennies pour que la technologie soit au point. Beaucoup trop de projets capotent parce que l’excitation ambiante fait oublier que la technologie n’est pas encore prête (l’Apple Newton, le Network Computer, etc.)

Peu de compagnies peuvent se vanter d’une telle prémonition…

L’ « ère des tablettes » en entreprise

2 septembre 2011

En matière de journalisme, il y a comme partout des modes. Par exemple, la presse anglo-saxonne adore ces temps-ci des titres sous forme de « pourquoi » (« Pourquoi Microsoft n’est pas mort », « Les 5 raisons pourquoi l’ère de Windows touche à sa fin », etc.). Ou une introduction rabâchant le fait que les choses ont changées : « Fini est le temps où les entreprises pouvaient bla bla bla. De nos jours, les managers demandent de faire plus avec moins bla bla bla ».

Une mode récente est d’annoncer l’ère des tablettes en entreprise. Le PC est mort, Microsoft est terminé (une fois de plus), et les entreprises ne vont pas échapper au bouleversement de l’iPad. Quelques exemples :

  • Un article d’un blog de Harvard Business Review (excusez du peu) affirme que « les smartphones et tablettes du 21e siècle créent des attentes radicalement différentes autour de l’efficacité au bureau » et que « tout le monde utilisant [un smartphone ou une tablette] au travail – n’est-ce pas le cas de tout le monde ? » L’article donne comme exemple une serveuse hypothétique d’un restaurant qui peut utiliser un iPad pour être plus efficace.
  • Le géant du CRM en ligne, Salesforce.com, oppose le Cloud 1 (Amazon.com, taper/cliquer, PC/Mac) au Cloud 2 (Facebook, interface tactile, Android/iOS). Son PDG et Fondateur, Marc Benioff, a écrit un article dans TechCrunch où il affirme avoir vu le futur et que le futur est l’iPad.
  • Un article d’Infoboom intitulé « Pourquoi les tablettes remplaceront les ordinateurs portables d’ici à 5 ans » qui prédit que les tablettes (« sans doute à base de Windows ») remplaceront les portables PC en entreprise d’ici 5 ans.
  • InformationWeek affirme que les DI doivent se préparer car les tablettes arrivent.

Beaucoup de belles prédictions. Sauf que pour l’instant cette vision n’est encore qu’une chimère. Beaucoup trop de monde est aveuglé par les chiffres de ventes spectaculaires de l’iPad, oubliant que ses ventes sont avant tout sur le marché du grand public.

A la grande surprise de Steve Jobs, l’iPad se vend même en entreprise – bien qu’Apple n’ait pas fait grand effort pour viser ce marché. Les tablettes restent cependant épisodiques sur le lieu de travail. Les quelques rares tablettes que j’ai vu en entreprise sont 1) des tablettes achetées par les employés mêmes et 2) des tablettes offertes comme cadeau de motivation ou lot de tombola (l’iPad est un cadeau de choix en entreprise). Le service de Salesforce.com est principalement utilisé par des PC et non pas par des tablettes.

Même pour les commerces qui vendent au grand public, les tablettes n’ont pas fait une entrée fracassante. Apple a certes prévu d’équiper les vendeurs de ses magasins d’iPads, mais non seulement c’est une forme de publicité, mais Apple est la seule entreprise à bénéficier d’iPads à prix coûtant. Et aux dernières nouvelles, les serveuses utilisent toujours des calepins pour noter les commandes des clients.

Les smartphones sont certes plus répandus en entreprise, mais sont encore cantonnés à certains employés : les managers et les personnes sur la route. Les employés sédentaires ont rarement droit à un smartphone. On voit bien plus de jeunes dans la rue utiliser des smartphones que sur le lieu de travail.

L’article d’Infoboom a au moins le mérite de voir la nécessité d’une transformation pour s’imposer en entreprise. D’où la prédiction de tablettes « certainement » sous Windows. Par contre, je ne suis pas convaincu par les prix donnés. On peut douter qu’une tablette Windows ne coûte que $800 comparé à un portable PC à $2000. Les tablettes Windows actuelles sont plus chères que les portables. Je ne vois pas en quoi ajouter un écran tactile (même plus petit) va diviser le prix par deux.

Autre domaine auquel personne ne semble penser : les applications d’entreprise ne sont pas encore conçues pour une interface tactile. Dans les années 80, il a fallu plusieurs années pour que les applications tirent véritablement partie des possibilités de l’interface graphique. Dans un premier temps, tout le monde s’est contenté d’afficher une interface texte au sein d’une fenêtre. Le même phénomène se produit avec l’interface tactile, où les tablettes Windows affichent purement et simplement des applications Windows traditionnelles prévues pour le clavier et la souris.

Apple, de son côté, a complètement réecrit sa suite bureautique pour utiliser l’interface de l’iPad. Mais Apple est Apple et aime bien de temps en temps tout réécrire. En entreprise au contraire, la tendance est de rajouter une couche sur l’existant. Marc Benioff trouve « inacceptable » que beaucoup d’entreprises n’en soit même pas encore au Cloud 1 et que certaines en soient encore aux mainframes. La réalité est que les entreprises ont beaucoup de contraintes, et qu’elles ont donc une forte inertie.

Et même dans le cas d’Apple, la bureautique sur un iPad reste difficile. Tout ceux qui ont utilisé Page sur iPad vous diront que c’est loin d’être aussi pratique que MS Office sur PC. L’interface tactile n’est par exemple pas encore idéale pour les opérations au pixel près. Et contrairement à ce qu’en pense l’auteur du blog de Harvard Business Review, une tablette n’est pas la recette miracle pour améliorer la productivité.

Les opportunités en entreprise

Maintenant, cela ne veut pas dire que les tablettes n’ont pas d’avenir en entreprise. L’adoption sera sans doute plus lente que prédit, et dans un premier temps sera sans doute moins un replacement qu’un outil pour les employés n’utilisant pas de PC à l’heure actuelle. Les exemples mis en avant sont souvent dans ce cas-là : des traders, des médecins, des pilotes d’avion (l’iPad vient d’être autorisé pour remplacer les manuels de vol). Autrement dit, des employés qui sont rarement devant un bureau et qui n’ont pas envie de trimbaler avec eux un ordinateur portable.

Mais étant donné qu’Apple ne s’intéresse pas au marché d’entreprise, cela veut dire qu’il existe une opportunité pour la concurrence, à savoir Google, RIM et Microsoft. Microsoft vous répondra que ce n’est pas faute d’essayer. Le problème de Redmond est que les tablettes en entreprise représentent une technologie disruptive, et que par conséquent les bons vieux réflexes ont la vie dure. Microsoft ne semble avoir que les utilisateurs existants en tête et a du mal à imaginer les besoins des non-utilisateurs. La compagnie a (tout naturellement) énormément de mal à produire une offre qui propose de faire moins que son offre actuelle. C’est ainsi que la firme de Steve Ballmer essaie toujours de refourguer Windows et Office sur les tablettes, ayant en tête les utilisateurs actuels. Les non-utilisateurs tels que les médecins ou les pilotes d’avion, eux, se fichent sans doute de pouvoir faire tourner MS-Office sur une tablette.

Comprendre les non-utilisateurs pourrait cependant être clé pour percer le marché d’entreprise. Par exemple, pas besoin de tablettes aussi puissantes et avec un écran aussi grand qu’un iPad (au contraire, plus c’est portable mieux c’est). Le but n’est en effet pas de surfer le Web ou de jouer à des jeux en 3D, mais de faire tourner des applications professionnelles. De la même manière, le circuit de distribution est sans doute différent. Les ventes professionnelles ne sont pas des ventes en magasin mais des ventes en direct (où les fournisseurs ont leur propre force de vente) et en gros (on imagine mal un hopital acheter des tablettes au compte-goutte).

Pour aider à une transition vers ce marché, Google, RIM et Microsoft feraient peut-être même bien d’écrire des logiciels verticaux (c’est-à-dire pour une industrie donnée) pour leur système d’exploitation mobile. Par exemple, le marché des professionnels de la santé et/ou des vendeurs de grands magasins (à l’instar des employés des Apple Stores) sont des marchés potentiellement importants qui bénéficieraient d’applications dédiées à leur profession. Cela ne veut pas dire exclure des logiciels tiers, mais juste doter son système d’exploitation de logiciels qui peuvent aider à la vente – exclusif au système d’exploitation de surcroit.

Jusqu’alors, Google, RIM et Microsoft ont laissé les éditeurs de logiciels spécialisés écrire les logiciels sur leur plateforme. Le problème est que ces derniers portent leurs applications sur de nombreux systèmes d’exploitation (comme c’est le cas pour Angry Birds). Nintendo a par contre su produire des jeux exclusifs sur ses consoles de jeux pour favoriser les ventes de ces dernières. De la même manière, Apple a cassé les prix de sa suite bureautique sur iPad pour rendre ce dernier plus attrayant. Les deux constructeurs n’ont pas fermé la porte aux logiciels tiers, au contraire. Ils se sont juste assurés que leur plateforme possède quelques logiciels exclusifs de qualité.

Aux Etats-Unis, ont trouve des tablettes Android bas de gamme à moins de $200. Imaginez une tablette, même modestement puissance, avec un écran de 7″ vendue à $150 lorsqu’achetée par lot de 1000. Une tablette accompagnée d’applications verticales, le tout packagé en une offre qui peut être mise en oeuvre facilement – tout en permettant l’installation d’applications tierces. Une solution visant de nombreux segments de non-utilisateurs d’entreprise : les professionels de la santé, les pilotes d’avion, les employés de magasin, etc. Certes, ce n’est pas en ciblant les hopitaux et les pilotes d’avion que l’on va vendre des millions de tablettes. Mais les non-utilisateurs sont les adopteurs précoces des tablettes en entreprise.

P.S: il existe une autre opportunité pour les concurrents d’Apple sur le domaine des tablettes grand public : les enfants, en particulier en bas age. Si l’iPad est idéal pour ce public (un enfant est beaucoup plus habile avec le toucher qu’avec une souris ou un touchpad), il reste un joujou fort cher pour un public qui est tout sauf doux avec les appareils électroniques. C’est là où une tablette peu chère ciblant les enfants peut se tailler une place de choix.