Steve Ballmer va quitter Microsoft

Après de nombreuses années de prédictions sur le départ de Steve Ballmer, c’est finalement arrivé : le PDG de Microsoft a annoncé son départ d’ici à 12 mois.

Un an semble beaucoup pour trouver une succession lorsque la compagnie avait affirmé déjà avoir un plan de succession au cas où Ballmer décèderait prématurément – une pratique standard pour les entreprises de cette taille. Je ne serais pas étonné que ce délai soit plus pour que Ballmer ne perde pas la face et n’apparaisse pas éjecté comme un malpropre. Même si ce n’est jamais agréable de voir l’action de sa compagnie bondir de 7% à l’annonce de son départ.

Les incertitudes

Le prochain PDG de Microsoft devrait idéalement comprendre à la fois le marché de l’entreprise ET le marché grand public. Le premier fournit le gros des revenus de la compagnie. Et le deuxième gouverne le marché des smartphones et des tablettes – le marché que Redmond essaie désespérément de conquérir.

Concrètement, cela veut comprendre que les deux marchés sont très différents, et qu’essayer de vendre le même produit aux deux ne fonctionne plus. Cela veut dire avoir un goût de l’esthétique et comprendre que plus de fonctionnalités n’est pas forcément une bonne chose pour le grand public. Steve Ballmer est très à l’aise sur le marché d’entreprise. Sous son égide, Microsoft a beaucoup de succès sur ce marché, consolidant les franchises Windows et Office, poussant les autres produits d’entreprise (SQL Server, Exchange, SharePoint, Lync, Dynamics, etc) et même une offre Internet Windows Azure. Ballmer ne comprend par contre pas du tout le marché grand public.

Une grande question se pose : le prochain PDG viendra-t-il de Microsoft ou sera-t-il quelqu’un d’externe ? Les deux ont leurs avantages comme leurs inconvénients. Un PDG externe peut avoir des idées fraiches, mais aura du mal à changer la culture maison. Difficile de se faire respecter au sein d’une compagnie où beaucoup d’employés sont là depuis des décennies. L’ancien PDG de Google Eric Schmidt a eu le même problème lorsqu’il a était à la tête de Novell.

Un PDG interne aura plus de facilité à se faire accepter, mais n’apportera pas de sang neuf. Lorsqu’on passe trop de temps dans une entreprise, il est difficile de voir ce qui doit changer.

Quelques constantes

Mais quel que soit le PDG, il reste quelques constantes. Comme je l’ai déjà écrit, le gros des revenus et de la croissance de Microsoft proviennent du marché d’entreprise, ce qui influence grandement sa culture. L’autre constante s’appelle Bill Gates. Même s’il n’est plus directement impliqué dans la gestion de sa compagnie, il reste à la tête du comité de direction et est le plus gros actionnaire. Il reste une éminence grise, comme en 2010 où il a enterré un projet de tablette destiné aux étudiants, préférant l’option d’adapter Windows aux tablettes. Gates est un homme d’affaire hors du commun. Mais comme Ballmer il ne comprend que peu le marché grand public. Sa réflexion sur les utilisateurs « frustrés » de l’iPad est caractéristique.

Bill a déjà indiqué qu’il serait impliqué dans le choix du prochain PDG. Approuverait-il un PDG qui compte dramatiquement changer la stratégie de la compagnie ? J’en doute.

En d’autres termes, la stratégie Microsoft a peu de chances de changer.

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