Microsoft lance sa propre tablette

Microsoft vient d’annoncer sa propre tablette à base de Windows 8, baptisée Surface. Ma réaction ? Bof.

Certes, la tablette a bonne allure, mais rien de transcendant. La plus grande innovation reste la housse de protection qui fait office de clavier / trackpad.

Pour le reste, rien de nouveau. Microsoft persiste à vouloir voir la tablette comme un PC. « Grâce à Windows 8, Surface EST un PC. Surface EST une tablette » a affirmé Steve Ballmer. Sur le site de Surface on peut lire « Créez, collaborez, et soyez productif avec Office. » L’un des présentateurs a parlé d’utiliser « toutes les applications qui vous sont familières. » On se demande comment va-t-on faire pour utiliser les dites applications conçues pour un clavier et une souris avec un écran tactile – à moins que le but soit de les utiliser uniquement avec un clavier et le trackpad ?

Qui plus est, l’écran de la tablette est au format 16:9, ce qui ne semble pas être prévu pour être lu verticalement.

Le plus important manque

Mais le plus important manque : quel prix pour quelles capacités ? Microsoft a offert quelques éléments d’information, sans donner de détails précis.

Surface sera disponible avec un processeur Intel en version 64 ou 128 GB. Le modèle présenté était équipé d’un processeur Intel Core i5 autour d’une architecture Ivy Bridge. Le prix est annoncé comme « à la hauteur » des PC ultrabooks. Autrement dit, dans les $1000.

La version ARM, équipée de Windows RT, sera elle disponible en version 32 et 64 GB avec un prix « comparables aux tablettes ARM. » Autrement dit, au moins $600. L’iPad est disponible pour $500 avec 16 GB, mais je ne serais pas étonné que cela ne soit pas assez pour Windows RT – Windows n’est pas connu pour être économes en espace disque.

Microsoft construit sa propre tablette

La plus grande nouvelle est peut-être le fait que Microsoft ait décidé de construire sa propre tablette.

Ce n’est pas la première fois que Redmond ne se cantonne pas qu’au logiciel – avec des résultats variés. La Xbox est l’exemple qui a le mieux marché. Le Zune, par contre, n’a pas évité à la firme de Steve Ballmer un cuisant échec sur le marché des baladeurs MP3 face à l’iPod (Microsoft a d’ailleurs récemment discrètement tué le Zune)

Rien d’anormal pourrait-on penser. Après tout, Google a racheté Motorola Mobile pour créer ses propres tablettes, tout en gardant des partenaires Android habituels.

La différence est ici que Microsoft s’attaque à son business model traditionnel : vendre Windows et Office avec de confortables marges et laisser à d’autres le soin de s’occuper du matériel qui offre des faibles marges. Ce n’est pas pour rien que la compagnie s’appelle Microsoft. La Xbox et le Zune sont plus des exceptions que la règle. Car en produisant sa propre tablette, Microsoft s’attaque à l’écosystème traditionnel de Windows.

Cela va-t-il changer les choses ? Pas vraiment. Dell et compagnie vont continuer à vendre des PC sous Windows. Quant aux constructeurs de tablettes, ils n’ont désormais plus d’autre endroit où ils ne sont pas en concurrence avec l’éditeur du système d’exploitation. A moins qu’ils ne décident de créer leur propre système d’exploitation – on a vu ce que ça a donné. Ils ne vont par contre peut-être pas apprécier si Surface est moins chère que leur tablette. Après tout, Redmond n’a pas à payer les $80 par licence Windows RT qu’il fait payer aux constructeurs de tablettes ARM.

D’un certain côté, Microsoft a été choyé pendant plusieurs décennies en bénéficiant d’un modèle d’intégration horizontal strict du PC. Ce modèle a comme inconvénient de ne pas fournir un produit aussi performant que le modèle vertical. Les compatibles PC ont mit 10 ans avant de rattraper la concurrence du point de vue prix et technologie, et uniquement du fait des économies d’échelle. Ce qui les a sauvés est qu’ils étaient quasiment les seuls ordinateurs individuels orientés professionnel – le marché du moment. Les autres constructeurs (Apple, Commodore, Atari et bien d’autres) étaient trop orientés grand public.

Pour tous les autres marchés par contre – baladeur MP3, console, smartphone, tablettes – un modèle d’intégration vertical est utile, du moins au début.

Conclusion : bof

Les prix « annoncés » sont dans les ordres de ce que l’on a entendu jusqu’alors. Sans surprise, Microsoft n’arrive pas à sortir une tablette coûtant moins cher que l’iPad à performances égales – aucun des constructeurs de tablettes Android n’y est arrivé.

Les consommateurs auront d’un côté une tablette à base de processeur Intel qui est plus un ultrabook muni d’un clavier amovible qu’autre chose – bien plus cher qu’une tablette avec une durée de charge plus limitée. D’un autre côté, ils auront une tablette à base de processeur ARM estampillée Windows bien qu’elle n’ait ni le look & feel du Windows que l’on connait ni ses applications. Or la valeur ajoutée de Windows est avant tout sa logithèque.

Microsoft ferait bien de renommer Windows RT « Bing » ou « Bing OS », ce qui lui donnerait une connotation de système facile à utiliser. Mais je doute que Redmond aime l’idée.

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