Les données selon Google, Microsoft et Apple

Internet a changé la manière dont on interagit avec les données. Le temps est terminé où les utilisateurs gardent le gros de leur données sur leur ordinateurs. Non seulement le partage de donnée n’est pas nouveau, mais les utilisateurs veulent de plus en plus accéder à leurs données depuis plusieurs appareil – leur PC, au travail et/ou leur smartphone.

Windows étant le gardien actuel des données sur PC, Microsoft a bien évidemment le plus à perdre. Google et Apple ont logiquement le plus à gagner. Google a depuis des années proposé plusieurs services permettant de stocker ses données sur Internet. Apple, quant à lui, vient d’annoncer iCloud, son service pour synchroniser différents appareils : iPhone, iPod Touch, iPad, Mac et même PC.

Microsoft étant principalement focalisé sur le marché d’entreprise, sa vision des données est avant tout les documents MS Office, sa vache à lait. A contrario, Apple est la compagnie qui a la vision la plus étendue des données. iCloud fonctionne en effet avec les documents bureautique, mais également les images, la musique, le carnet d’adresse, le calendrier, les livres, jusqu’aux applications même et données personnelles (iCloud a même une API permettant aux applications tierces d’en tirer partie). Google est proche d’Apple, même si son offre n’est pas aussi complète que celle d’Apple. iCloud permet en effet de synchroniser automatiquement une application sur 10 appareils (sans avoir à racheter l’application 10 fois) ainsi que ses données – quelque chose que la concurrence ne propose pas (encore ?)

Synchronisation ou copie sur Internet ?

Pour ce qui est de l’approche par contre, les trois offres sont très différentes.

Google a tout de suite opté pour une approche centrée autour d’Internet étant donné que la compagnie tire ses revenus de services Internet – même si elle s’appuie sur plusieurs logiciels clients : Android sur les smartphones et tablettes, Picasa pour les images, Chrome comme navigateur Web pour les « applications Web ». Google propose ainsi Google Docs (traitement de texte), Google Spreadsheet (tableur), Picasa Web Albums (photos), Google Calendar, Gmail, et bientôt Google Music. L’avantage de ce modèle est une facilité de synchronisation (il n’existe qu’une seule copie) et surtout de partage. Google Docs et Google Spreadsheet permettent plusieurs personnes de modifier un document en même temps, chacun voyant les modifications d’autrui en temps réel. L’inconvénient est qu’un service en ligne ne fonctionne que lorsque l’on a une connexion Internet. Pour palier à ce défaut, les services Google possèdent certains mécanismes de cache client (comme pour pouvoir écouter la musique hors ligne), mais Internet reste au centre de la stratégie du géant de la recherche en ligne.

Apple, au contraire, vend du matériel. Les données doivent donc exister principalement sur le matériel Apple, iCloud n’étant qu’un moyen de synchroniser le tout. Non seulement le centre de l’univers Apple a toujours été ses appareils, mais iCloud aide à le centrer. En effet, avec iCloud, un iPhone ou un iPad peuvent télécharger des applications et documents directement depuis Internet sans avoir à passer par un Mac… ou un PC. Comme l’a indiqué Steve Jobs, le PC est désormais considéré comme un appareil comme les autres.

Microsoft, finalement, est entre les deux modèles. La compagnie se faisant de l’argent sur les logiciels installés sur PC (Windows et Office principalement), elle a eu du mal à accepter Internet. D’autant plus que ses plus gros besoin étant au sein de l’entreprise, Redmond a préféré pousser la vente de licences Exchange et Sharepoint en entreprise au lieu d’utiliser des services Internet. On remarque d’ailleurs qu’Exchange et Sharepoint gardent respectivement Outlook et Office au centre du modèle. Si Sharepoint permet de partager des documents, l’édition d’un document implique une synchronisation avec le poste client où l’utilisateur modifie le document utilisant Office. Mais Microsoft vend avant tout du logiciel, et n’est pas attaché à une architecture plus qu’à une autre… du moment où il arrive à facturer ses clients. Car les réserves de Microsoft vis à vis du Web pour la bureautique ne sont pas une question de principe (il est facile d’utiliser des composants ActiveX pour lier ses services à Windows) mais de fonctionnalités. Les suites bureautiques Web sont encore loin de fournir autant de possibilités que MS-Office. Mais un modèle en ligne a un avantage : il force l’utilisateur à payer régulièrement sous peine de ne plus pouvoir se servir du logiciel. D’où Office 365, un service en ligne hybride entre un modèle en ligne complet et un logiciel traditionnel que l’on télécharge sur son PC. Si Office 365 permet d’éditer ses documents sur le Web, il n’en reste pas moins fortement intégré avec MS Office et Outlook.

Quelle est la formule gagnante ?

Difficile à dire, étant donné que de nombreux facteurs entrent en jeu, et il n’est pas dit que l’architecture soit le plus important. Par exemple, la position prédominante de Microsoft sur le marché des suites bureautiques ne semble pas être en danger avant plusieurs années. Plus que l’architecture gagnante qui va décider du vainqueur, c’est la compagnie gagnante qui va imposer son architecture.

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