Nouvelles attaques contre Steve Ballmer

Pauvre Steve Ballmer !

Il est le PDG depuis 2000 de l’une des plus grosses compagnies informatique de la planète – Microsoft. Depuis 2000, la compagnie a continué à enregistrer une croissance importante – en revenus comme en profits. Pourtant, l’action est plate depuis 10 ans et nombreux sont ceux qui ont demandé sa démission.

Dernier en date, David Einhorn, président de Greenlight Capital, un fond de pension qui détient 9 millions d’actions Microsoft. Mr. Einhorn étant apparemment très connu dans le monde de la finance, sa critique acerbe du PDG de Microsoft en affirmant que ce dernier est le principal frein à l’action Microsoft a fait grand bruit.

Un risque pour Ballmer ?

Depuis plusieurs années, nombreux sont ceux qui espèrent que le comité de direction éjecte Ballmer – voire qui prédisent qu’il va démissionner.

J’imagine mal Ballmer démissionner. Certes, Microsoft n’est plus aussi puissant qu’il ne l’était et il doit en avoir plus qu’assez qu’on lui casse constamment du sucre sur le dos. Mais démissionner pour faire quoi ? A 55 ans, quelqu’un d’aussi énergétique que Ballmer est trop jeune pour prendre sa retraite. Diriger une autre compagnie d’une taille équivalente ? Pas forcément facile, surtout quand personne ne loue ses langes. Et surtout, mis à part deux aux où il a travaillé en tant qu’assistant de manager de produit chez Procter & Gamble, il n’a connu que Microsoft chez qui il a passé 31 ans.

Quant à un limogeage, Ballmer garde le soutien du comité de direction et de Bill Gates qui en fait partie. Autrement dit, Ballmer reste solidement en place. Les 0,11% de parts de Microsoft que détient Greenlight Capital font pâle figure face aux 4% que détient Steve Ballmer ou aux 10% que détient Bill Gates.

La manière la plus sûre de voire tomber Ballmer serait s’il s’avère que la compagnie ait truqué son bilan pour masquer une chute des revenus. Mais ne rêvons pas.

Remplacer par qui ?

Certes, Ballmer n’est peut-être pas la bonne personne pour Microsoft. Comme l’ont indiqué certaines personnes, ce n’est pas un visionnaire comme Steve Jobs, ni n’est un « techie » en phase avec l’engineering comme l’était Bill Gates. Mais remplacer Ballmer n’est pas pour autant la solution miracle. Car un PDG a bien moins de pouvoir sur l’entreprise que l’on pense. Une entreprise n’est certes pas une démocratie et un PDG a peut-être techniquement les plein pouvoirs, dans les faits de nombreux détails lui échappent. On ne change pas la culture d’une entreprise simplement en changeant de direction.

Il existe tout d’abord un filtrage des informations qui remonte au PDG. Un développeur de génie peut inventer une produit révolutionnaire, ce produit n’ira nulle part s’il ne correspond pas à la culture maison et n’arrivera jamais aux oreilles du PDG. De la même manière, le feedback en provenance du terrain n’est pas forcément entendu par le PDG car filtré par les couches de management successives.

Et les informations dans l’autre sens ne sont pas forcément mieux loties. Une petite phrase du PDG peut être très facilement répétée, amplifiée et déformée. Ces directives par contre peuvent ne pas être scrupuleusement appliquées à la lettre. Par exemple, un produit prend forme du fait d’une multitude de décisions prise par plusieurs personnes. Ballmer (ou son successeur) aura beau dire que l’aspect esthétique des produits devrait prendre plus d’importance, les décideurs à tous les échelons restent les mêmes. A tous les niveaux de l’échelle, les développeurs ont raison sur les non-techniciens chez Microsoft.

Pour compliquer les choses, il faut se souvenir que Microsoft n’a connu que deux PDG (Bill Gates et Steve Ballmer) et que tous deux ont une légitimité difficile à imiter. Bill Gates est le cofondateur et Ballmer fait partie de la maison depuis 1980. Un nouveau PDG n’ayant pas fait 20 ans chez Microsoft risque de rencontrer des résistances à tous les niveaux. Eric Schmidt, ancien PDG de Google, a connu le même problème lorsqu’il dirigeait Novell et n’a jamais réussi à se faire accepter.

Les « problèmes » de Microsoft (si on appelle ça problème – je rappelle qu’ils sont extrêmement profitables) sont avant tout culturels et stratégiques. Redmond est par exemple incapable de sortir des produits aussi bien pensés que ceux d’Apple (cela dit, nulle autre compagnie n’en n’est capable). Elle peut difficilement donner gratuitement Windows Phone 7 car c’est sa manière de se faire de l’argent, contrairement à Google qui peut se permettre de donner Android gratuitement étant donné que sa source de revenus principale est la publicité.

Remplacer le PDG de Microsoft a peu de chance d’aboutir à moins que le remplaçant soit un spécialiste du turnaround – et encore. En attendant, Ballmer possède un avantage qu’aucun de ses successeurs n’aura : le temps. La force de Microsoft a toujours été de persister jusqu’à ce que l’ennemi commette une faute. Fort de l’appui de Bill Gates, Ballmer peut se payer le luxe de suivre une telle stratégie, alors que son successeur aura beaucoup moins de temps pour obtenir des résultats avant qu’on lui montre la porte.

Explore posts in the same categories: Non classé

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :