Google accuse Bing de plagiat

Google vient d’accuser Bing de plagiat. La compagnie de Mountain View en veut pour preuve d’avoir planté certaines résultats bidon dans son moteur de recherche lorsque l’on entre certaines recherches spécifiques – résultats qui se sont retrouvés sur Bing.

Microsoft nie tout plagiat, bien sûr. Le géant de Redmond reconnait utiliser certaines techniques pour améliorer les statistiques, comme analyser les clics des utilisateurs sous Internet Explorer, que ce soit sur Bing ou Google.

Les avis sont partagés sur le Web quant à savoir s’il s’agit de plagiat ou d’autre chose. Mais si Microsoft n’est pas content d’un procès de fausse intention, il n’a qu’à s’en prendre à lui-même. Ses actions passées n’aident en effet pas à croire de la bonne foi de Redmond. Pendant son procès contre le département de la justice américaine, la firme de Bill Gates s’est fait prendre la main dans le sac à présenter comme « preuve » une vidéo truquée. Son excuse a été qu’ils étaient « meilleurs à faire des logiciels qu’à faire des vidéos ». Avant cela, la compagnie Stac Electronics a accusé en 1993 Microsoft d’avoir copié purement et simplement son logiciel de compression de disque nommé Stacker et de l’avoir intégré dans MS-DOS 6 sous le nom DoubleSpace – ironique quand on sait que Microsoft s’est toujours plaint du piratage. Stac Electronics a prouvé ses dires et a gagné son procès, mais Microsoft ne s’est pas excusé. Au contraire, il a contre-attaqué Stac pour avoir fait du reverse engineering sur MS-DOS.

Dans les deux cas, bienque Microsoft ait été pris la main dans le sac, la compagnie a toujours clamé son innocence. Et je suis persuadé que Microsoft a sincèrement pensé ne pas être en tort. Pour ce qui est des accusations de Google, même si elles sont fondées, on peut douter que Microsoft admette tout méfait.

Implications

Il a été établi que certains résultats retournés par Google influencent les résultats retournés par Bing. La question que personne ne sait avec certitude est dans quelle mesure. Microsoft affirme qu’il ne s’agit que l’un des nombreuses manières d’optimiser Bing, mais quelle poids à cette manière ? D’un point de vue relation publique, Microsoft ferait bien de ne plus s’inspirer des résultats de Google pour optimiser son moteur de recherche -surtout si cette méthode n’a pas grande influence comme l’affirme Redmond. Mais je ne suis pas convaincu que la firme de Steve Ballmer change ses méthodes à moins qu’un juge ne la contraigne.

D’un certain côté, cela montre que Microsoft ne cherche pas à se différentier sur le produit même mais sur d’autres critères. Si au départ Bing a affirmé vouloir être plus qu’un moteur de recherche mais un « moteur décisionnel », force est de constater que le service de Microsoft n’apporte pas grand chose de plus que Google. Et s’il était réellement un « moteur décisionnel », il n’aurait pas besoin de voir ce que retourne Google.

Rien de bien nouveau cependant. Après tout, Microsoft a racheté SQL Server à Sybase sans racheter la compagnie même. Cela veut dire que pendant un temps ils étaient en concurrence directe contre Sybase avec un produit quasiment identique – ce qui n’a pas empêché Microsoft de gagner la partie.

Qu’a fait Microsoft pour promouvoir Bing face à Google ? Comme d’habitude, sa stratégie repose sur trois principes :

  1. Se baser sur ses propres produits : Internet Explorer, Windows 7 et tous les produits en ligne de Microsoft poussent fortement l’utilisation de Bing.
  2. Passer le plus de partenariats possibles : cela a commencé avec Yahoo qui utilise désormais Bing comme moteur de recherche. De la même manière, Facebook utilise le service de Microsoft comme moteur de recherche Web. Il n’est pas dit que beaucoup de gens utilisent Bing de cette manière, mais cela permet au moins de familiariser les internautes avec le nom. Finalement, Microsoft a payé certains opérateurs mobiles pour qu’ils changent le moteur de recherche par défaut de… leurs smartphones Android !
  3. Lancer une grande campagne marketing. Là-dessus, Microsoft n’a pas lésiné sur les moyens, avec énormément de publicités en ligne comme à la télévision.

Dans un de ses articles, John Dvorak pense que Microsoft ferait mieux de licencier Google et d’afficher quelque chose comme « Bing, powered by Google ». Sauf que ce n’est pas la manière d’opérer de Microsoft. Quand la compagnie a racheté SQL Server à Sybase, elle a avant tout racheté le code source pour une somme fixe, lui permettant de faire évoluer le produit de manière complètement autonome de Sybase. Licencier Google ne lui permettrait pas d’être autonome et impliquerait des paiements réguliers.

Mais un argument de Microsoft fait cependant mouche : Google a lancé cette accusation car il a peur de la montée en puissance de Bing. Et il y a de quoi. Si les progrès de Microsoft sont encore modestes sur ce marché, Redmond semble avoir repris du poil de la bête. On parle bien plus de Bing que de Windows Live Search.

A Google de se débrouiller pour innover et laisser Bing loin derrière… s’ils peuvent.

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