Apple contre Microsoft, encore et toujours

Quelques mois après qu’Apple ait dépassé Microsoft en termes de capitalisation boursière, la presse s’est demandé ces derniers jours si la firme de Steve Jobs allait dépasser ce trimestre la firme de Steve Ballmer en termes de revenus. Se basant sur des estimations de Wall St et après un trimestre record d’Apple ($15,7 milliards), certains ont même vendus la peau de l’ours en titrant « Apple is winning« .

Sauf que Microsoft a dégagé plus de revenus qu’anticipés au dernier trimestre en annonçant $16 milliards de revenus, continuant à devancer la firme à la pomme. Mais étant donné que cette dernière enregistre une progression plus forte que Microsoft, ce n’est que partie remise pour le prochain trimestre. Il faut dire que c’est la première fois depuis bien longtemps que les revenus des deux compagnies sont si proches (1996 pour être exact)

Beaucoup ont spéculé qu’Apple dépasserait Microsoft tout en relativisant la nouvelle, argumentant que Microsoft dégage bien plus de profits, qu’on ne peut pas comparer les deux compagnies car une vend du matériel et l’autre du logiciel, etc.

Cet épisode est néanmoins révélateur et suit une tendance. Tout d’abord se faire dépasser en capitalisation boursière. Ensuite, Redmond n’arrive pas à attirer l’attention sur ses nouveaux produits. La compagnie a par exemple récemment annoncé Kinect (le périphérique « mains libres » destiné à sa Xbox 360) dans une indifférence quasi-générale. On peut par contre parier que si demain Apple annonce une console de jeu concurrente à la Nintendo Wii, la presse sautera sur la nouvelle (certains pensent que la firme à la pomme va capitaliser sur l’engouement des éditeurs de jeux vidéo pour la plate-forme iOS pour relancer l’Apple TV)

On peut faire le parallèle avec l’évolution de la relation Microsoft / IBM dans les années 90. Microsoft a « renversé » Big Blue non pas en ayant de plus gros revenus. Même à l’heure actuelle, Armonk engrange plus de revenus que Redmond. Mais la firme de Bill Gates lui a par contre ravi le contrôle de l’écosystème du PC, lui permettant de donner le ton sur le marché de la micro-informatique et accessoirement de siphonner la plupart des profits du secteur. De la même manière, ce n’est plus Steve Ballmer mais bien Steve Jobs qui influence le plus l’informatique ces temps-ci. Apple n’a pas été le pionnier ni des baladeurs MP3, ni des smartphones, ni des tablettes Internet, mais il a néanmoins bouleversé ces trois marchés en imposant sa vision (tout les produits concurrents copient désormais les produits Apple), imposant en prime son modèle d’App Store. Microsoft garde la mainmise sur le marché lucratif du PC… tout comme IBM garde la mainmise sur le marché lucratif des mainframes. En d’autres termes, il dégage des profits colossaux dans l’indifférence générale.

Les revenus d’Apple et de Microsoft ne sont peut-être pas comparables. Nous avons peut-être assisté à un pétard mouillé. Mais je doute qu’au moins une personne s’en fiche : Bill Gates. Bill étant de notoriété publique hyper-compétitif, on peut imaginer que le bruit que fait la presse autour d’Apple qui « dépasse » Microsoft doit le faire fulminer. Steve Ballmer est également quelqu’un de très compétitif, et il est peut-être enragé que la presse annonce à l’avance qu’Apple « a gagné », mais il s’escrime déjà depuis des années à battre Apple sans succès, que ce soit avec le Zune ou avec Windows Mobile.

Bill a par contre officiellement quitté la direction de Microsoft depuis des années. C’est pour cela que je ne serais pas étonné s’il revenait à la tête de la compagnie pour remplacer Steve Ballmer. A l’instar du fondateur de Starbucks qui est revenu à la tête de la célèbre chaîne pour la remettre dans le droit chemin.

Le problème n’est pas les revenus ou les profits du géant de Redmond. Ils sont excellents et ont un futur solide. Le problème est avec le court de l’action Microsoft, qui stagne en effet depuis 10 ans, date à laquelle Bill Gates a passé la main à Steve. L’action Microsoft a d’ailleurs légèrement baissé (-1,4%) après l’annonce des revenus plus élevés que les estimations de Wall St ($16 milliards au lieu de $15,2 milliards). Comparer les revenus des deux compagnies ne veut peut-être rien dire. Comparer les capitalisations boursières est une autre histoire.

Il n’est pas dit que Steve Ballmer quitte la tête de Microsoft sous peu. Ni même que Bill Gates veuille redevenir PDG de la compagnie qu’il a cofondé. Et il serait dangereux de croire que Microsoft est vaincu. Mais il est possible (pas forcé, possible) que Bill Gates décide de revenir dans la bataille après avoir cru qu’Apple était définitivement vaincu.

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