Nouvelle guerre des format de musique

L’industrie du disque va une nouvelle fois être confrontée à une guerre des formats numériques.

La précédente guerre des formats a été gagnée par le format MP3, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le MP3 a occupé le terrain avant tout le monde. A une époque où l’industrie du disque restait fixées sur les ventes de CD, le grand public commençait déjà à télécharger des MP3 sur Napster.

D’autres formats ont été crées pour concurrencer MP3, mais l’absence de contrainte de ce dernier a prévalu (pas de restriction pour la copie, etc.). Même Apple, pourtant fervent adorateur des formats propriétaires, supporte le MP3. Au final, les maisons de disques se sont à contrecœur ralliées derrière ce format dans l’espoir de diminuer l’influence d’Apple dont le magasin en ligne iTunes domine les ventes numériques.

Mais le MP3 a eu un impact sur les ventes d’album. Surprise, surprise, le public n’est que peu intéressé par acheter un album où seulement une ou deux chansons l’intéresse – il préfère acheter des chansons individuellement. Très mauvaise nouvelle pour une industrie habituée à arrondir ses fins de mois grâce aux compilations, best of et autres megamix.

Le renouveau de l’album… enfin une tentative

L’industrie du disque a fini par accepter le fait que pour survivre, l’album doit offrir plus qu’un simple groupe de chansons. L’idée du jour est de vendre une « application » au lieu d’un album. En d’autres termes, un programme qui va vous permettre de jouer de la musique, mais aussi de visionner les vidéos associées, afficher la jaquette, télécharger les sonneries pour portable, etc.

Qui dit « application » dit nouveau format. C’est donc naturellement qu’Apple a sorti son propre format, nom de code « iTunes LP » (LP = « long play » – 33 tours en anglais). Comme de bien entendu propriétaire, c’est-à-dire uniquement disponible sur iTunes et fonctionnant uniquement sur iPod et iPhone. Si les maisons de disques sont en partenariat avec Apple (ce dernier ne pourrait pas lancer des albums sous son propre format sans leur accord), ils comptent néanmoins sortir leur propre format concurrent, nom de code CMX. Pourquoi? Pour la même raison qu’ils ont adopté le MP3: pour permettre à d’autres magasins de vendre de la musique en ligne.

Mais cette fois ils n’ont plus de format ouvert concurrentiel – en d’autres termes, il n’existe pas un MP3 de l’album numérique. Les applications CMX ne seront certainement pas disponibles sur iTunes, mais il est à parier qu’elles fonctionneront sur l’iPod – les majors arriveront certainement à forcer Apple à accepter que l’iPhone ait une application permettant lire les CMX. Par contre, je doute que la solution CMX soit aussi facile d’accès que la solution d’Apple sur un iPod.

Mais les deux solutions seront certainement bardées de protection électronique – le genre même qui a rebuté le consommateur. Si l’idée d’une « application musicale » prend, je serais curieux de savoir si un format ouvert va se développer. A priori il semblerait difficile, car il. Mais qui sait…? A moins qu’une alternative se développe en Flash.

Une autre manière de regagner la faveur du public

Maintenant, il y a autre chose que les maisons de disque peuvent faire pour regagner les faveurs du public: améliorer les relations directes avec le consommateur et récompenser les fans qui dépensent beaucoup pour leurs artistes favoris.

Certes, le public a été habitué avec le téléchargement illégal d’avoir des chansons gratuitement, et a accepté plus tard de les payer à un prix modeste. Mais cela ne veut pas dire qu’il refuse de mettre la main à la poche. Les sonneries pour portables sont plus chères que leur équivalent MP3, mais tout aussi populaires auprès des jeunes. De même, une place de concert coûte beaucoup plus qu’un album CD. Les concerts sont d’ailleurs la première source de revenus des artistes. Il est très difficile pour ces derniers de gagner de l’argent par les ventes de CD uniquement (du moins aux Etats-Unis, je ne sais pas comment les contrats sont en France)

En d’autres termes, un petit pourcentage des fans représente un gros pourcentage du chiffre d’affaire de la musique. Et avec la vente en ligne il est extrêmement facile de repérer ces fans.

Imaginez un système où le consommateur, lorsqu’il achète un album ou une place de concert, est automatiquement inscrit à une tombola mensuelle, et où chaque $ (ou euro) dépensé représente autant de tickets achetés. Les prix à gagner? Un accès privilégié à l’artiste. Cela peut être des places de concert, ou ne serait-ce que la possibilité d’envoyer un email aux artistes avec garantie qu’ils le liront (avec notification lorsque cela arrive). Plus un fan dépense pour son/ses artiste(s) préféré(s), plus il a de chance d’entrer en contact avec eux.

L’accès à l’artiste est quelque chose que les maisons de disque peuvent contrôler – et monnayer – bien mieux que quiconque. Cerise sur le gâteau, ca ne leur coûte pas grand chose.

La question est: les maisons de disque vont-elles penser à une telle solution? J’en doute.

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