Intégration verticale contre intégration horizontale

Potentiellement tout marché technologique est tôt ou tard affecté par le passage d’une intégration verticale – où les constructeurs construisent la plupart des composants de leur produit – à intégration horizontale – où ils achètent les composants à des vendeurs spécialisés.

Lorsqu’une technologie est nouvelle, l’intégration verticale prime. Les produits manquent cruellement de performance, leurs constructeurs doivent donc customiser les composants pour augmenter les performances – impossible donc d’utiliser des composants standards du marché. Ce phénomène n’est pas unique à l’informatique. Lorsque les frères Wright ont construit le premier avion, ils ont du également construire leur propre moteur car ceux du marché étaient trop lourds. Plus proche de nous, Google n’a pas construit le moteur de recherche le plus puissant de son époque seulement en utilisant en parallèle des milliers de serveurs. La compagnie a dû également créer la couche logicielle ainsi que customiser une partie de la couche matérielle.

Au fur et à mesure les performances s’améliorent et un autre besoin se fait sentir : le besoin de flexibilité et de rapidité de développement. Lorsqu’IBM a réalisé en 1980 qu’il devait s’implanter sur le marché de la micro-informatique il fallait faire vite. Plutôt que de tout développer en interne comme il en avait l’habitude, IBM a du assembler à l’a va-vite des composants de vendeurs tiers (le disque dur de chez Seagate, le processeur central de chez Intel, le système d’exploitation de chez Microsoft, etc.) Pour faire fonctionner ses composants ensemble IBM a du instaurer des protocoles qui permettent ces derniers de communiquer efficacement. Le résultat n’était pas particulièrement performant mais a été développé en un temps record.

Mais pour faire fonctionner des composants de compagnies différentes, IBM a du standardiser les communications entre chacun des dits composants. Sans le savoir Big Blue a scié la branche sur laquelle il était assit, car il a miné la valeur ajoutée qu’il apportait – n’importe qui pouvait assembler ses propres PC en achetant aux mêmes fournisseurs qu’IBM. C’est ainsi que ceux qui ont tiré le plus de bénéfices du PC ont été ceux qui ont fourni le plus de valeur ajoutée: Microsoft et Intel.

Le modèle horizontal ne génère pas au début des produits très performants. Le PC a mis des années avant de concurrencer en termes de performances les autres types d’ordinateurs (Macintosh, Atari ST, Commodore Amiga). Mais il a amélioré les standards régulant les communications entre ses composants : le bus PCI, puis AGP, puis PCI Express, le port USB, etc. Les économies d’échelles aidant, le PC est devenu le type d’ordinateur délivrant le plus de puissance pour le meilleur prix.

Mais une fois que le modèle d’intégration horizontal est établi, il est très difficile de lutter contre. Compaq a bien essayé de développer ses propres cartes-mère pour lui donner un avantage compétitif sur la concurrence, rien n’y a fait : la concurrence a acheté des cartes-mère Intel sans avoir à débourser un centime en R&D. Compaq n’a pu lutter contre les économies d’échelle d’Intel.

Dans un prochain article nous verrons plus en détails les cas d’Apple, de Microsoft et de Dell, et comment leur culture influence leur approche à ce sujet.

Dans un autre article nous verrons pourquoi et comment Apple a su résister au PC et se porte très bien tout en conservant un modèle d’intégration vertical.

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5 Commentaires le “Intégration verticale contre intégration horizontale”


  1. [...] changé le mode de fonctionnement des constructeurs de micro-ordinateurs. Il est passé d’un modèle d’intégration horizontal -peu bénéficiaire à Microsoft- à un modèle vertical qui lui allait parfaitement. Et en dehors [...]


  2. [...] pas sur le produit (Android n’apporte rien de techniquement nouveau) mais sur le mode d’intégration horizontale, face à Apple qui a toujours favorisé une intégration verticale et qui lui a révolutionné le [...]


  3. [...] dans le cas d’Android, Google a simplement cherché à imiter l’iPhone en reprenant le modèle d’intégration horizontal de [...]


  4. [...] firme à la pomme ayant toujours favorisé l’intégration verticale, elle a tout logiquement décidé d’acheter quelques compagnies de cartographie en ligne [...]


  5. […] le marché du mobile, Android est le nouveau Windows, suivant une logique d’intégration horizontale. Apple reste le nouvel Apple et garde ses bonnes vieilles méthodes : intégration verticale et […]


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